Moi aussi, j'y suis allée

Même si le pays basque et la côte basque sont merveilleux, j'ai plaisir à partir en vadrouille dès que c'est possible, alors venez avec moi! Blog de Cécile Thomas.

22 novembre 2008

Articles du Nord-Ouest de L'Espagne

Voici un index des articles postés sur "Espagne, Nord-Ouest et littoral Atlantique":

- Cathédrale de Burgos, Leon : sa cathédrale, ses murailles, sa collégiale San Isidoro et Hôtel Erdeland

- Astorga, le châteu des Templiers de Ponferrada, les Médulas, Palacio Araganza de Villafranca del Bierzo et son Parador

- Les murailles de Lugo, La Corogne : sa marina, la tour d'Hercule, le parc celte et Hôtel Rectoral de Cines

- St Jacques de Compostelle : histoire de St Jacques le Majeur, Marché de Abastos, Plaza del Obradorio, Cathédrale, ruelles et Hôtel Virxe da Cerca

- Marché, ruelles, musique celtique et Sanctuaire da Peregrina de Pontevedra, rias Bajas avec ses cultures de moules, Hôtel Pazo O Rial

- Rias d'Arousa, de Pontevedra, île de LA Toja, Cabo Home, Iles Cies, huîtres d'Arcade et la forteresse Montereal de Baiona

- Castro Urdiales, Santander (El Sardinero, Palacio de la Magdelena) et l'hôtel El Jardin de Carrejo

- Santillana del Mar, Comillas, San Vicente de la Barquera, Llanes, Gijon, spécialités astures et le Parador de Gijon

- Cudillero, Luarca, Castillo de Priorio, Oviedo et l'hôtel Ramiro I

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21 novembre 2008

1er jour de voyage (24/03/04) : Butron, Castro Urdiales, Laredo, Santander et Santillana del Mar

Départ après le petit-déjeuner de la côte basque pour le château médiéval biscayen de BUTRON. Lorsque vous êtes sur l'A8, sortez à la 103 vers la N637 jusqu'à l'embranchement vers la BI631 et ensuite vous tournerez à gauche sur la BI634 jsuqu'à Butron, ça fait un bon bout de chemin depuis la sortie de l'autoroute mais la route est tranquille. Allez jusqu'au bout de l'allée, grande aire de stationnement, je crois même qu'il y a des tables pour pique-niquer!

Butron_castillo

Le château de Butron est actuellement fermé pour restauration et sa réouverture n'a pas encore été programmée (info nov 2008), on peut néanmoins se promener tout autour. La visite était libre mais le guichet nous avait remis un dépliant en français, très complet et détaillé. Le château remonte au XIs, il se composait alors d'une tour défensive complétée au XVIs d'un château. Au XIXs, le Marquis de Torrecilla, Narciso de Salabert et Pinedo entreprit sa restauration, voire sa reconstruction car c'était alors une ruine : il s'inspira des châteaux de Bavière pour en faire une construction gotico-fantastique tout en gardant l'idée de forteresse (murs de 2m d'épaisseur). Le jardin est conçu pour représenter un bois ténébreux avec des séquoias importés des USA.  Le château est réellement impresionnant par sa hauteur et son aspect massif.

On quitte la Biscaye pour la Cantabrie qui s'étend sur 5 300km. Les Cantabres apparaissent au Is av JC, l'organisation tribale vit au milieu d'une culture du fer et eurent du mal à se soumettre aux Romains. L'émpire romain s'éparpillant aux IV et Vs ap JC, les Wisigoths tentent de soumettre les Cantabres mais sans succès. Pour lutter contre les arabes, la résistance mise en oeuvre donna naissance à la monarchie asture-cantabre avec le roi Alfonso I, fils du Duc de Cantabrie.   

On reprend ensuite la route vers CASTRO URDIALES. Ancien village de pêcheurs datant de l'époque romaine et marqué par le Moyen-Age. On se gare sur le port et on se promène. La cité vit de la pêche, des conserveries de poisson, de l'exportation du fer et du tourisme balnéaire.

Castro_Urdiales

L'église Sta Maria de la Asuncion (XIIIs) est le monument gothique le plus important de la région, construit comme une basilique, elle compte 3 nefs et est agrémentée de 3 chapelles de style et époques différentes. Juste à côté, le Castillo de Sta Ana est un des rares châteaux de Cantabrie existant, son phare indique le port aux marins.

On pique-nique sur le port avant de repartir vers LAREDO. Petite, mes parents nous emmenaient sur la grande plage, alors c'est plutôt par nostalgie que par intérêt culturel ou naturel! Après un bref arrêt, on file à SANTANDER.

Santander_1La station balnéaire de Santander est en forme de baie, profonde et fermée par l'étroite presqu'île de la Magadelena et la langue sablonneuse de Somo. Dans l'après-midi du 15 février 1941, une violente tornade s'abat sur la ville et la mer envahit les quais, le feu se déclare et fait rage toute la nuit = une quarantaine de rues dévastées, de centaines d'immeubles détruits et 20 000 sans abris mais 0 victime!!! La reconstruction suiva un plan rigoureux par blocs d'immeubles de 4 à 5 étages, une grande place et des jardins en bord de mer (Paseo de Pereda) furent aménagés. L'animation de Santander se concentre autour de l'avenida Calvo Sotelo avec ses boutiques et ses cafés. L'activité du port était centrée, au départ, sur l'exportation de la laine et du blé de Castille, mais s'est depuis bien diversifiée.

Santander_Palacio_de_la_MagdalenaOn se gare au début de l'Avenida de la Magdalena et on marche jusqu'au palais de la Magdelena, résidence d'été d'Alsonso XIII offert par la ville en 1912. La famille royale y séjourna chaque été jusqu'en 1930 et dès 1932, l'Université Internationale Menendez Pelayo l'utilisa comme annexe jusqu'en 1995 il devienne un centre de congrès

Le parc qui entoure la demeure est arboré et propose 2 activités plutôt ludiques :

Santander_galions- le petit zoo consacré aux photos, pingouins et ours polaires

- les répliques des galions sur lesquels Francisco de Orellana explora l'Amazone au XVIs

Santander_El_Sardinero.

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La plage El sardinero fut lancée par la famille royale dès la fin du XIXs.

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Bien entendu, c'est ici le lieu de prédilection de tous les fashinistas : ZARA, Mango, El Corte Ingles... sont autour de l'Hôtel de ville : Calle de Isabel II, Calle de San Pedro...

Enfin on termine notre journée par la visite du Zoo de Santillana del Mar, j'hésite à vous en parler car je n'arrive pas à savoir (même auprès de l'office de tourisme) s'il a été rénové depuis notre passage en 2004. En effet, nous avons été énormément déçu par ce zoo, des enclos en piteux états, des sols en terre battue à l'abandon, des animaux non entretenus et sales, un vivarium peu rassurant vu l'état des cages. Bref : à éviter si aucune restauration n'a été accomplie.

On visitera le village médiéval de SANTILLANA DEL MAR demain matin, en attendant on file à l'hôtel "El Jardin de Carrejo" à ...Carrejo!

C'est un superbe hôtel 3*** : une belle maison de maître du XIXs nichée dans un parc arboré de 30 000m2. L'intérieur est design avec un mobilier en noyer et châtaignier, tout rénové en 1999. l'architecte  Carlos Alvarez et la décoratrice Caroline Morris ont réalisé un hôtel de caractère s'intégrant totalement dans la structre de la demeure; les 10 chambres (dont 3 avec terrasses -surtout la n°105-) sont cosy et on a envie de se faire une p'tite soirée "coocooning". Compter 100€ en double avec petit-déjeuner buffet. C'est un endroit tellement calme qu'on a plus envie d'en partir! Si vous ne souhaitez pas ressortir, l'hôtel peut vous proposer un repas : simple mais soigné : salades, sandwiches, saumon fumé...

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2ème jour de voyage (25/03/04) : Santillana del Mar, Comillas, Sn Vicente de la Barquera, Llanes, Gijon

Départ après le petit-déjeuner (mention pour la confiture de tomates) des Jardins de Carrejo pour SANTILLANA DEL MAR.

Village-étape des Jacquets classé par l'UNESCO. Le village a grandi autour du monastère qui gardait les reliques de Ste Juliana, martyre d'Asie Mineure. Le nom de Santillana est d'ailleurs la contraction. Durant tout le Moyen-Age, ce village est très populaire et le monastère devient une puissante collégiale au XIs : la cité promue d'un siège de marquisat au XVs s'emplit de demeures seigneuriales où plus d'une grande lignée castillane fera souche. Santillana del Mar est accessible à pied uniquement, l'aire de stationnement est juste à l'entrée du village.

Santilla_del_Mar_Casa_del_AguilaPromenez-vous tranquillement à travers les ruelles médiévales et pavées : Rua Juan Infante, plaza Ramon Pelayo.... jusqu'à la Collégiale.  La cité est embellie par les édifices ornés de blasons (Casona de los Barreda-Bracho du XVIIIs -actuel Parador Gil Blas-, Casa del Aguila, Casa la Parra, Hôtel de ville, Tour de Don Borja, Casa gotica de Leonor de la Vega (XVs), Casa de los Villa et la tour del Merino du XIVs.

Santillana_del_Mar_Coll_gialeLa Collégiale fut érigée à l'emplacement d'un ancien ermitage du XIIs, Son ornementation met en valeur sa galerie aux 15 arches et ses tours circulaires et carrées. Le cloître est adossé à la nef nord et est considéré comme l'oeuvre majeure de la collégiale par sa taille et la décoration de ses chapiteaux.

A 2km de Santillana, la grotte d'Altamira (fermée au public depuis sept 2002) classée par l'UNESCO fut découverte en 1879 par Marcelino Sanz de Sautuola et sa fille. La grotte mesure près de 300m de long et est décorée de près de 150 gravures du paléolithique, les peintures sont polychromes (pigments naturels) et représentent des bisons et cervidés.

On reprend la route vers COMILLAS. La ville fut déclarée ensemble historico-artistique et est connue comme "Ville des archevêques" car 5 prélats y naquirent au Moyen Age. Comillas tient son origine sous le patronage de Don Antonio Lopez, 1er marquis de Comillas qui conseilla à Alphonse XII de passer l'été 1881 ici, convertissant le site en station aristocrate estivale.

Comillas_Antonio_Lopez_1er_MarquisOrphelin de père à 2 ans, Antonio Lopez y Lopez (1817-1883) quitta Comillas à 10ans pour travailler avec quelques familles en Andalousie, puis au bout de 4 ans, il rentra à Comillas avant de s'embarquer vers Cuba où il travailla comme paysan émigrant avec son compagnon Manuel Calvo, économisant au maximum. En 1841 les 2 amis affrétèrent un navire de farine de Santander à La havane et vendèrent la farine, transformant l'investissement en capital qui leur permit de rentrer pour la 1ere fois à Comillas. De retour à Cuba, ils se consacrèrent au commerce de divers objets : aliments, vêtements,... et épousa une cubaine d'origine catalane dont le père était un très riche propriétaire qui pourrait financer ses projets. En 1850 il obtint l'aval pour établir une ligne de bateaux à vapeur entre Guantanamo et Santiago de Cuba (introduction illégale d'esclaves = augmentation du nombre d'escalves vendus par Antonio Lopez y Hermano -1 des 3 sociétés créées par Antonio Lopez y Lopez), ainsi l'importante marge commerciale de la traite permit à la société d'augmenter ses activités. En 1953, l'épidémie de choléra de Cuba contraignit Antonio Lopez et sa famille à rentrer à Barcelone où il s'installa. La 1ère de ses activités d'armateur consista à l'achat aux enchères du transport du courrier entre la Péninsule et les Caraïbes et loua à Anvers des bateaux. En 1859-60, la flotte d'Antonio Lopez devint un allié militaire du gouvernement, prêtant ses navires lors des campagnes d'Afrique. En 1861, il obtint le transport de la correspondance ultramarine d'Espagne entre la péninsule et Cuba, Puerto Rico et St Domingue. Il fonda et présida en 1876 "La banque hispanique coloniale" pour prêter au gouvernement l'appui économique à Cuba contre les Indépendantistes. En 1878, le roi Alfonso XII le fit marquis. En 1881, il atteint sa plénitude comme entrepreneur et personnage publique influent, il se sépara de sa flotte et présida le Crédit Marchand et créa la Compagnie Générale de Tabac des Philippines, fut vice-président de la Compagnie Ferroviaire du Nord. Des 4 enfants du marquis, seule Isabel (épouse du comte Eusebio Güel) eut des enfants et des petits-enfants. L'actuel marquis de Comillas s'appelle Alfonso Güel y Martos (né ne 1958) et décida de vendre le palais car il ne venait qu'un mois maximum/an! Le Palacio de Sobrellano appartient au Gouvernement de Cantabrie.

Comillas_Palacio_de_Sobrellano

Connaissez-vous la série Smallville? Bienque le manoir des Luthors soit celui de Hatley à Victoria, Canada; on pourrait penser que le Palacio de Sobrellano (L-D 10h-21h (juin à sept); 10h30-14h/16h-19h30 (sept); Me-D 10h30-14h/16h-19h30; gratuit) servit de modèle. Réalisé entre 1881 et 1890 à la demande du 1er marquis de Comillas, Antonio Lopez. Située sur une hauteur surplombant la ville et faisant face à l'université pontificale, cette immense demeure néogothique propose une visite guidée gratuite des salons, salle-à-manger, salle de réception...du RDC, les étages sont fermés au public.  La chapelle fut dessinée par Gaudi et renferme les mausolées de la famille.

Comillas_Universidad_PontificiaOn passe de l'autre côté de la rue pour nous garer sur le parking de l'Université Pontificale et avoir un joli point de vue sur le palais de Sobrellano. L'univeristé fut construite en 1883 et 1892 de style gotico-mudejar. Sa sainteté Leon XIII organisa un séminaire pour la formation au saccerdoce à Comillas le 16 décembre 1890 et éleva l'institution au rang universitaire. 14 ans plus tard, le Pape Pie X autorisa la faculté à diplômer les éleves qui avaient suivi les cours de Philosophie, Théologie et Droit canonique. Dans les années 60, l'université eut l'autorisation d'ouvrir ses cours à tous les étudiants.

Comillas_Capricho_de_Gaudi_1Enfin, le 3ème édifice incontournable de Comillas est le "Capricho de Gaudi" de style arabe. Déclarée monument historico-artistico en 1969, cette résidence d'été fut construite en 1883 à la demande de Maximo Diaz de Quijano, parent du marquis de Comillas et sous la direction de l'architecte Cascante Colom, selon les plans de Gaudi. La façade alterne briques et faïences de tournesol car ils suivent le mouvement du soleil. La tour en forme de minaret et les balcons en fer forgés valent le coup d'oeil. A la mort de Quijano, la demeure tomba en désuétude. Une multinationale japonaise l'acheta, le restaura et l'exploite depuis 1989 comme restaurant-musée El Capricho de Gaudi restaurante (fermé tout janvier): 5 salons-salles à manger (cap 100 pers) et un bar. La cuisine est internationale (20-24€) et il paraît même que des gens du monde entier viennent s'y marier.

San_Vicente_de_la_Barquera_2

On poursuit notre route pour San Vicente de la Barquera, cité de pêcheurs offrant à l'arrière-plan les sommets enneigés des Pics d'Europe (2500m). Il faut essayer d'arriver par la N634 : on passe sur le Puente de la Maza qui traverse la ria : très joli car on a l'impression d'être à hauteur d'eau et on voit les bancs de sable qui glissent. Etape sur le chemin de Compostelle, San Vicente s'est développée surtout au Moyen-Age dont la vieille-ville est déclarée ensemble historico-artistique, elle est située à gauche de l'Avenida de Miramar où l'on se gare facilement (en hiver).

San_Vicente_de_la_Barquera_Castillo_del_ReyOn commence la balade au bout de l'avenida, juste avant le pont du paseo de la Barquera. On monte à gauche vers le Castillo del Rey (Ma-D 10h30-13h30/16h-18h, 2€), un des plus bel exemple d'architecture défensive de la région. Construit en 1210, il offre un beau panorama sur la cité et propose une expo consacrée à l'histoire et la nature de San Vicente. Encerrant la vieille-ville et le château, la muraille date du XIIIs mais dès le VIIIs, San Vicente de la Barquera en avait érigée une qui a servi de défense contre les Normands et les Vikings. On se promène à travers les ruelles jusqu'à l'église Notre Dame des Anges du XIII-XVIs de style romano-gothique (un peu excentrée) en passant devant le Palacio del Coro, actuel Hôtel de Ville, où vécut l'Inquisiteur Antonio del Coro au XVIs.

Costa_VerdeOn a prévu de dormir à Gijon (à 130km de San Vicente de la Barquera), on longe la côte Verte (doit son nom à la couleur de l'océan, à sa côte plantée d'eucalyptus et de pins) jusqu'au port de LLANES et nous arrivons en Asturies. Avant la conquête romaine, les Asturies sont peuplées d'Astures, tribus montagnardes celtes menant une vie fondée sur l'agriculture et l'élevage. Après la Romanisation et l'intégration du royaume suelve de Galice, les Wisigoths s'installent et pour contrer l'invasion musulmane en 711, élisent le roi Pelage. Sous Alfonso III (IXs), les Asturiens repeuplent les villes du Nord du bassin du Douro comme Leon, Coimbra et Burgos. A partir de 910, le royaume d'Asturies devient celui de Leon et sera réuni à la Castille en 1230. Les Asturies sont la grande région de production de lait et possède le 1er centre houiller et le 1er sidérurgique. Les gisements carbonifères du Sud des Asturies dont on extrait 60% de la houille espagnole et 25% de l'anthracite ont entrainés la création de complexes sidérurgiques à Gijon, La Felguera, Mieres et Aviles. Le zinc de Reocin (23% de la production natioanle) et le sel gemme de Cabezon et Polenca aliment à Torrelavega une puissante industrie chimique.

Llanes est un très joli port de pêche à la langouste, autrefois fortifié (reste 300m) et ancien port de chasse à la baleine. Le site est très agréable et on a plaisir à se promener dans ses propres ruelles médiévales. Dès le XIIIs, débuta la construction des murailles (800m), d'une tour de défense et de l'actuelle Basilique.

Llanes_Paseo_San_PedroPoussez la balade jusqu'au Paseo de San Pedro (XXs) car il offre un panorama à 180° sur la ville médiévale, l'Océan et la chaîne Cantabrique ainsi qu'un chemin parcourant les falaises menant jusqu'à la plage de San Antolin, par là vous pourrez admirez les demeures des Indianos : aux XIXs et 1ère moitié du XXs, les Asturies ont subi une forte émigration vers Cuba, le Mexique, l'Argentine, le Vénézuela, la Suisse et l'Allemagne. Ces émigrants étaient surnommés "Indianos", certains fondaient, de grandes entreprises de tabac, de textile, des épiceries et des banques... ces riches Indianos envoyaient de l'argent au pays ou revenaient y construire, comme en témoignent des nombreux palais et villas.

On avait prévu de faire une escale au Mirador del Fito mais le temps étant couvert, on a continué notre route vers GIJON.  Situé entre Gobiendes et Cangas de Onis, il offre à 1100m d'altitude une belle vue sur la côte et les Picos de Europa, ce site vous permettra de vous en faire une idée! Le parc National des Pics d'Europe, créé en 1998, est à cheval sur la Cantabrie, les Asturies et Leon. L'immensité de son paysage recelle des défilés, de profondes vallées, des sommets atteignant 2500m, des hêtres, des chênes et une faune protégée.

On arrive à GIJON en fin d'après-midi. La ville est ... 400 000 hab....peuplée et la circulation nous réveille un peu, jusqu'ici les petits villages côtiers nous détendaient! On décide de s'installer directement au parador et de faire un tour en ville après puisque le parador est à côté du Stade de football et avant de rentrer dans la ville (à 2.5km du quartier Cimadevilla). Le parador est installé dans un ancien moulin dans le Parc d'Isabel la Catolica, l'hôtel est agréable, calme et possède un parking. Le dîner propose de découvrir les spécialités astures comme :

Clin_d_oeil_Fabada- fabada : cassoulet aux haricots blancs avec chorizo, boudin, épaule de porc, pommes de terre...

- merluza a la sidra : merlu au cidre

- solomillo de ternera asturiana al queso de cabrales : filet de boeuf avec une sauce au fromage type bleu/Roquefort.

- crema de andaricas : potage au crabe

- potes : plats en sauce

- pote de castanes mayuques : ragoût

- quesos : fromages de vache, chèvre ou brebis

- brazo de gitano : gateau roulé fourré

- carbayon : pâte feuilletée ou brisée avec mélange de poudre d'amandes, d'oeufs et de sucre, avec un glaçage. Spécialité d'Oviedo 

CLin_d_oeil_Bartolos_1- bartolos : sablés fourrés d'une crème pâtissière aux amandes.

- panchones : pain d'épices

- huesos de santos : roulés de pomme de terre fourrés aux jaunes d'oeufs sucrés

- teresitas : gateaux au vin blanc fourrés de crème pâtissière

- arroz con leche : riz au lait

Clin_d_oeil_casadielles_1- tocinillos de cielo : sorte de petits flans

- frixuelos : crèpes

- casadielles : feuilleté en forme de gros cigares fourré d'un mélange de poudre de noisettes et amandes 

Gijon

Le développement de Gijon a commencé avec l'installation sur la Campa Torres, toute proche, d'un village qui reçut le nom de Noega au Vs. après la conquête romaine, il s'est étendu le long du littoral en créant un nouveau noyau urbain aux alentours, c'est ainsi que surgit Gigia sur la colline de Sta Catalina, protégé par une muraille. A la fin du XVIIIs, Gijon devient la capitale maritime des Asturies et commence son évolution comme ville industrielle et commerciale jusqu'à devenir la plus grande ville de la principauté. L'ouverture de la route vers la Castille, l'amélioration des docks et l'installation d'une douane pour le trafic outremer sont les facteurs de l'essor de la ville, complété par l'exploitation des gisements carbonifères et de la sidérurgie.

On longe la playa de San Lorenzo, les avenues de Gijon suivent un plan en damier, il est donc facile de s'y retrouver mais chaque rue est à sens unique! A l'origine la ville a été construite sur la presqu'île de Sta Catalina, entre 2 anses qui abritent le port et la plage. L'empreinte romaine est encore visible aux thermes romains de Campo Valdes (M-S 11h-13h30/17h-20h, D 11h-14h/17h-20h; 2.35€) du I-IIs Ap JC puis tranformés en nécropole au Moyen-Age.

Parmi les nombreux musées de Gijon, on retiendra celui du Museo del Ferrocarril de 17 000m2 (M-S 10h-14/16h ou 17h-21h, D 11h-14h/16h ou 17h-20h/21h; 2.4€ et gratuit le dimanche) puisqu'il expose un circuit intérieur en train à vapeur.

Gijon_Cimadevilla_ruelleNous avons marché jusqu'à la colline de Sta Catalina, nous nous sommes promenés dans le quartier de Cimadevilla, très typique avec ses maisons de pêcheurs et jusqu'au Parque de Cimadevilla/Cerro de Sta Catalina.

Gijon_Elogio_del_horizonteGijon_Nordeste

C'est un endroit très étonnant car d'un côté on découvre un quartier résidentiel contemporain aux immeubles de 4 étages mitoyens arborant des façades vertes, jaunes, rouges... et de l'autre côté on se balade dans un parc ponctué d'oeuvres d'art gigantesques affrontant l'Océan comme Elogio del Horizonte d'Eduardo Chillida ou Nordeste de Joaquin Vaquero Turcios

Si vous avez un p'tit creux, faites un tour chez Balbona Pasteleros, salon de thé au 90 Cabrales, choix de tartes, petits-gâteaux, pâtisseries, salades...

En dehors de son front de mer, la ville nous a moyennement séduits.

Posté par cecile64pb à 13:39 - Espagne, Nord-ouest et littoral cantabrique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

3ème jour de voyage (26/03/06) : Cudillero, Luarca et Oviedo

Départ après le traditionnel petit-déjeuner buffet du Parador de Gijon pour le petit port de pêche de Cudillero.

CudilleroC'est véritablement un petit village aux ruelles étroites descendant jusqu'au port. Je vous conseille de laisser la voiture en haut du village et de descendre à pied. Le site est très joli car les maisons semblent suspendues aux falaises abruptes en demi-cercle, d'où le surnom d'amphithéâtre. La commune a toujours été étroitement liée à la mer : les populations de marins qui l'ont habitée, ses relations avec les Vikings, l'émigration en Amérique.... Le folklore pixueto est puissamment attrayant avec des danses : la danza prima (farandole), les giraldillas, le descanso, le temperendengue et le perlindango. Chaque vendredi, Cudillero s'anime d'un marché et tous les jours les restaurants (sidrerias)de la place de la marina guettent les clients avec des plats identiques : paraillada de poissons, entrecôte au xato-sauce catalane aux amandes, noisettes, chapelure, huile-...

Clin_d_oeil_horreoOn reprend la route N634 qui traverse la province sur laquelle sont dispersées les célèbres et typiques horreos que l'on retrouve en Asturies, en Galice et au nord du Portugal : il s'agit d'un grenier sur pilotis en bois et pierre où sont traditionnellement rangés, le maïs, les pommes de terre, les graminés...

Luarca_1On arrive ensuite à Luarca, paisible village aux maisons blancs et toits en ardoises, faisant penser à la Bretagne. Nous commençons par un point de vue depuis le phare puis on descend gentillement sur le port et on s'y gare. Luarca possède un port de pêche bien abrité et 3 plages. Le port est très pittoresque avec ses bateaux de pêche colorés, on se promène le long du Rio Negro. La façade de l'Hôtel de ville fin XIXs fait écho au kiosque à musique, les belles demeures bourgeoises se succèdent près des Plazas de Alfonso X el sabio et de la Constitucion. C'est paisible et on s'arrête même à la Confiteria La Ciudad Encantada, calle Paroco Camino pour goûter les petits gâteaux asturiens (carbayones, caprichos, bolinos de mantequilla...)

On revient ensuite sur nos pas, en direction d'OVIEDO, en passant par Pravia. J'avais lu que la cour des Asturies y fut déplacée en 774 et qu'on pouvait y admirer de nombreuses demeures coloniales érigées par les "Indianos". En fin de compte, ça ne valait pas le coup, y'avait rien à voir. En revanche la route entre Pravia et Grado est très agréable : verte, vallonnée, longeant la rivière.

Priorio_castilloOn est surveillé par le Castillo de Priorio (ne se visite pas), appartient à l'Evéché d'Oviedo. Forteresse crénelée flanquée de 2 tours et habillée de lierre et lychens, édifiée au XIXs sur des ruines de 1381. La légende raconte que les malheureux amours d'Irene, fille de Rodrigue, seigneur de Priorio et maître du château, avec un mousse du nom de Pablo. Rodfrigue n'approuvant pas cet amour, attaqua Pablo à l'épée qui en se défendant le tua. Irene le maudit et Pablo se noya dans le Rio Gafo.

On arrive à OVIEDO et on trouve une place autour du Campo San Francisco, en plein centre-ville, juste à côté de l'office de tourisme qui nous remet un feuillet très complet sur les édifices de la vieille-ville et un plan. Oviedo s'est développée à la suite de l'installation d'une fabrique d'armes au XVIIIs et surtout l'exploitation du bassin houiller au XIXs. La naissance d'Oviedo est documentée en 761 lorsque le prêtre Maximo, son oncle l'abbé Fromestano et un groupe de serfs s'établissent sur une colline appelée OVETO et construisent une basilique dédiée à San Vicente. 20 ans après, avec le prêtre Montano et 25 autres moines ils fondent le monastère San Vicente (actuel Musée Archéologique). A cette époque, le roi Fruela I fonde une 1ère église dédiée au Sauveur et fait construire un palais. Alfonso II nommé le roi Chaste dote la ville de plusieurs églises et d'un palais, de défenses et d'un aqueduc. Il installe ici sa cour et fonde un évêché. Don Garcia transporte la cour à Leon en 914, le royaume d'Asturies-Leon n'aura qu'une brève existence de 1037 à 1157 puis en 1230 il est définitivement réuni à la Castille. Cependant, à partir de 1388, le dauphin de Castille portera le titre "Prince des Asturies". Oviedo se maintient comme ville épiscopale et un groupe bourgeois s'y installe.

L'insurrection du bassin minier débute le 05 octobre 1934, le lendemain, Oviedo est investie par les mineurs qui y installent un comité provincial révolutionnaire mais ne peuvent venir à bout de quelques îlots de résistance : caserne, prison et palais de gouverneur. Le 11 oct à l'annonce de l'arrivée des troupes régulières, le comité se disperse et quitte la ville. Jusqu'au 15 les insurgés essaient en vain de tenir la ville durement touchée par les combats : la Camara Sta détruite, Université incendiée, cathédrale endommagée...

Oviedo_Universidad_Antigua.

On commence la visite à pied en passant devant l'Antigua Universidad à la façade XVIIs, elle perdit plus de 50 000 livres, des tableaux et la collection de Sciences naturelles lors de l'incendie de 1934. La tour de l'horloge de 1859 abrite un observatoire métérologique. 

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Le Palacio de Toreno du XVIIs abrite les Installations de l'Institut royal d'études asturiennes, le palacio de los Marqueses de Camposagrado du XVIIIs -actuel Tribunal Supérieur de Justice-. La Plaza de la Catedral qui donne suffisamment de recul pour admirer sa façade et sa haute flèche-clocher.

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Oviedo_Palacio_de_ValdecarzanaA gauche de la cathédrale on remarque le palais de Valdecarzana en pierre et orné d'un monumental blason du XVIIs aux armoiries des Miranda.

. Oviedo_statue_bronze_Dona_Ana_Ozores

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Petite parenthèse, Oviedo est pailletée de statues en bronze représentant des personnages hors du temps comme Dona Ana Ozores-dame très XIXs- (même principe qu'à Brastislava), plusieurs statues sont de Mauro Alvarez Fernandez, de Botero ...

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Oviedo_statue_bronze_Luis_RieraOviedo_Las_Vendedoras_de_Fontan

Oviedo_statue_bronze_Woody_Allen.

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Le 01er mai 2003, fut inaugurée la statue de Woody Allen sur la Calle Milicias en hommage au cinéaste qui juge Oviedo comme un conte de fée!

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Oviedo_Cath_draleOn entre ensuite dans la cathédrale San Salvador gothique flamboyant du XIVs-XVIs dotée de 3 portails gothiques. L'intérieur est dégagé et lumineux avec ses 3 rosaces et hautes verrières. N'oubliez-pas le cloître avec ses fenestrages et jetez un oeil à la Camara Santa qui abrite un coffre contenant d'insignes reliques de Tolède après al chute du royaume wisigoth. Reconstituée après sa destruction en 1934, elle a retrouvé ses statues-colonnes stylisées et le trésor. On poursuit ensuite face à l'église de San Tirso du XVIs. On continue la balade vers le Monastère de San Pelayo du XVII-XVIIIs et suite à travers les ruelles.

Le palais Pontifical fut édifié sur les ruines du palais primitif des rois entre 1585-1598 mais détruit en 1934

La Plaza del Fontan doit son nom aux sources dont les réservoirs d'eau furent recouverts entre 1523-1587. Depuis, de nombreux édifices la bordent comme le Collège des Jésuites, l'Arc des Zapatos, la Maison de la Comédie, le palais du Duque del Parque, et des boutiques. La place est occupée par le Marché couvert sur 2000m2, ouvert tous les jours.

Oviedo_belles_fa_ades.

Oviedo est vraiment une ville très agréable, bien aménagée et chaque édifice attire l'attention du promeneur par son cachet historique, par son entretien, par ses élements architecturaux...

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Oviedo_CarbayonesLa Grande spécialité d'Oviedo est le carbayone -gateau fourré de crème aux amandes- (créé en 1924 pour représenter Oviedo lors de la Feria Internationale de Muestras de Gijon et les bollos preñaos -petits-pains fourrés au chorizo-. La Pasteleria Camilo de Blas, calle Jovellanos, derrière le monastère San Pelayo.

On avait prévu de dormir à la Casa Camila, en dehors d'Oviedo. Bon alors, c'était un peu la galère pour trouver, enfin on y arrive, le panorama sur Oviedo est époustouflant car la Casa est sur une hauteur. Le gros soucis c'est que l'on a traversé un quartier urbain, moyennement rassurant et qu'au final, la voiture dormait sur un parking "brut", non éclairé... donc on a annulé et on est redescendu dormir à l'hôtel Ramiro I, en centre-ville. L'hôtel Ramiro I possède un garage (10€) et les chambres étaient en train d'être refaites. C'est un hôtel très agréable et pratique. Compter 100€ en chambre double petit-déjeuner buffet inclus.

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15 novembre 2008

1er jour de voyage (21/03/06) : Burgos et Leon

Départ après le petit-déjeuner pour BURGOS malgré le temps affreux : frois et pluvieux : pas trop étonannt fin mars!

Burgos était une bourgade militaire qui devint une ville commerçante. Cette évolution est due en partie à sa qualité de capitale de Castille-Léon entre les X et XVs, à son emplacement privilégié sur le Chemin de St Jacques et à son monopole du commerce de la laine mérinos.

Fondée en 884 par le comte de Castille Diego Rodriguez, Burgos fut choisie comme capitale du royaume unifié de Castille et Leon en 1037, titre qu'elle céda à Valladolid en 1492 au moment de la chute de Grenade. Architectes et sculpteurs venus surtout du Nord mettent alors la cité à la mode gothique et devient la capitale de cet art en Espagne, avec des réalisations remarquables comme la Cathédrale, le monastère royal de las Huelgas et la chartreuse de Miraflores. A la fin du XVIs, le déclin de la Mesta mit un terme à la prospérité burgalaise. De 1936 à 39, Franco y établit son gouvernement.

La ville est assez facile d'accès et je conseille de se garer dans le parking souterrain de la Plaza de Espana. A partir de là, suivez les panneaux "Plaza Mayor, Catedral", vous traverserez les rues piétonnes, la Plaza Mayor avec l'hôtel de ville et enfin la place de la Cathédrale. Grande, offrant un bon recul pour admirer sa hauteur.

Burgos_Cath_drale4Burgos_Cath_drale5

Burogs_Cath_drale_entr_eLes billets s'achètent à gauche de l'entrée (L-S 8h30-13h30/16h30-20h; 4€, 3€ +65ans) et on vous remettra un guide de visite en français, très complet, la découverte dure environ 45min car les vitraux sont remarquables! Fondée sur un temple roman construit en 1077, la construction débuta en 1221 sous les auspices d'Alfonso VI, roi de Castille et ne prit fin qu'en 1765. Elle est l'un des monuments les plus importants d'Espagne, et l'un des plus beaux du monde. Déclarée "Patrimoine de l'Humanité" par l'UNESCO le 31 octobre 1984 (c'est la seule cathédrale à avoir reçu cette distinction dans la péninsule ibérique). C'est un ensemble architectural remarquable par son harmonie et dont chaque recoin a son importance.

Burgos_P_lerin.

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Ne manquez pas de saluer le Jacquet qui semble lasse d'être pris en photo!

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Vous avez déjà entendu parlé du CID? Les exploits de Rodrigo Diaz, natif de Vivar ont marqué l'histoire de la Castille à la fin du XIs. Ce brillant capitaine sert tout d'abord les ambitieux desseins du roi de Castille, Sancho II, puis ceux d'Alfonso VI. Les soupçons du Cid envers Alfonso VI lui valurent l'exclusion de Castille en 1081, bienque le Cid épousa la cousine du roi, Chimène. Rodrigo entra alors au service du souverain maure de Saragosse et livra de prestigieux combats contre les armées chrétiennes. Après s'être réconcilé avec Alfonso Vi, il s'empara de Valence en 1094. Riche et craint de ses ennemis, il mourut en 1099. La courageuse Chimène résista encore 3 ans dans Valence assiégée par les Maures, mais dut s'enfuir en Castille après avoir incendié la ville. Les 2 époux furent inhumés au monastère San Pedro de Cardena. En 1921, leurs cendres furent transportées dans la cathédrale de Burgos.

On reprend la route après cette pause, en direction de Léon. Déjeuner pique-nique dans la voiture, compte-tenu du temps!

Choisissez le parking souterain de la Plaza Sto Domingo. A partir de là, on est vraiment dans le centre historique avec la rue piétonne Ancha, la Casa de Botines, la Cathédrale, les restes de murailles et la collégiale royale de San Isidoro.

Au Xs, avec l'expansion de leurs territoires, les rois asturiens transportèrent leur capitale d'Oviedo à Leon et bâtirent les murailles sur les ruines de fortifications romaines. Pour la peupler ils firent appel à des mozarabes, chrétiens réfugiés de Cordoue et de Tolède; au XI et XIIs, Léon s'affirma ainsi comme la plus importante ville de l'Espagne chrétienne. La partie Est de la ville témoigne de ce passé mediéval avec ses vestiges de murailles et ses ruelles aux belles façades de brique. Aujourd'hui en plein essor grâce à son industrie, la ville s'étend vers l'Ouest le long du fleuve.

Leon_Casa_Botines1

Leon_rue_pietonneOn commence par découvrir la Casa Botines, oeuvre néogothique de Gaudi, puis on continue par la rue piétonne et commerçante la calle Ancha ornée de beaux blasons.

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Leon_Cath_drale1Leon_Cath_drale_entr_e

Non loin de là, la Cathédrale de Léon (L-S 08h30-13h30/16h-19h/20h), terminée en 1280 est un chef d'oeuvre du gothique espagnol, magnifiques vitraux dont certains atteignent 12m de haut. C'est la seule cathédrale d'Espagne à avoir adopté le goût français pour les hautes nefs élancées largement éclairées. Le clou de la visite est l'ensemble de vitraux : 1200m2 de surface en 125 panneaux et 57 médaillons! Epoustoufflant!

Leon_MuraillesOn passe derrière la cathédrale et on longe les murailles romaines, d'ailleurs, savez-vous que la ville fut fondée sur l'ancien campement militaire romain de la légion "Gemina"? Elles furent restaurées au XIXs et classées en 1931.

Leon_coll_gialeOn remonte ainsi jusqu'à la collégiale royale de San Isidoro (L-S 10h-13h30/16h-18h30 (été : 09h-20h) D 09h-13h30/14h; visite guidée 3€, jeudi aprem gratuit), dédiée en 1063 à Isidore, archevêque de Séville. De l'église de cette époque, il ne reste que le panthéon qui est une vrai merveille avec ses châpiteaux ouvragés et ses peintures murales du XIIs offrant une polychromie magnifique illustrant des thèmes classiques du Nouveau Testament ainsi que des scènes de la vie rurale. Ici reposent 11 rois, 14 reines et un certain nombre d'infants, de comtes et de nobles. La construction de l'actuelle basilique date de la fin du XIs et aggrandit plus tard d'où ce mélange gothico-Renaissance.

On aurait bien aimé dormir au Parador de Leon (ancien hôpital du XVIs), mais c'était complet, alors on s'est rabattus sur un hôtel en dehors de la ville : hôtel EDERLAND. Fonctionnel, clientèle d'affaires. Si vous le pouvez : éviter le restaurant!

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2ème jour de voyage (22/03/06) : Astorga, Ponferrada, Las Medulas et Villafranca del Bierzo : 167km

Départ après le petit-déjeuner pour ASTORGA. L'ancienne Asturica Augustea prit le nom d'Astorga sous l'Empire Romain. La ville se situe à la croisée de 2 routes importantes : une consacrée au pèlerinage de St Jacques et l'autre au transport des métaux (Route de l'Argent) reliant Gijon à Séville. On se gare sur l'avenida de la Ponferrada, emplacement en épis. Et on continue à pied.

Astorga_Palacio_episcopalSur la gauche, on remarque une partie de l'ancienne enceinte, ainsi que le Palais Episcopal, oeuvre de Gaudi qui fut détruit par un incendie en 1886 et reconstruit en 1913-1963. Il abrite depuis 1962 le Musée des Chemins : expo sur le pèlerinage.

Astorga_Cath_drale_entr_e

L'attrait d'Astorga est sa cathédrale Sta Maria (9h30-12h/17h-18h30), construite sur une église romane, mais achevée au XVIIs comme en témoignent les 2 tours. De structure gothique tardif avec des éléments plateresques et baroques. Grands volumes intérieurs.

Avant de repartir, on s'arrête dans une petite épicerie tenue par un papi, au début de l'Avenida de las Murallas. Il vend des vins de la région et de Rioja, des tablettes de chocolat (Astorga possède un musée du chocolat (M-S 11h-14h/17h-20h, D 11h-14h; 2.5€/1.5€ +65ans et -18ans) depuis 1994, de part sa situation sur le chemin de St Jacques, Astorga devint un important centre de production de chocolat qui fut introduit par les Religieux qui y passèrent)...

Astorga_MantecadasPour les amateurs, prenez le temps de faires quelques emplettes à la Confiserie Choco Dulce Cabezas au 350 av Crta Madrid-CorunaMadrid-Coruna, chocolats, gâteaux, feuilletés et les fameux mantecadas "Maragatos" (madeleines en forme de cupcakes).

Quand on fait de longs voyages, on ne mange au restaurant que le soir. Donc le midi, c'est plutôt pique-nique. Néanmoins, voici les recettes traditionnelles du côté d'Astorga :

-le cocido maragato : pot-au-feu qui se consomme d'abord par la viande, le chorizo et la farce et se termine par les pois-chichespois-chiches, le chou et le bouillon.

- la cecina : viande de vache séchée et fumée.

- le botillo : charcuterie cuite.

- l'empanada berciana : friand avec une farce aux pommes de terre, viande de veau et piments.

Nous reprenons la route vers PONFERRADA. A partir du XIs, avec l'essor que connurent les pèlerinages à St Jacques de Compostelle, surgit une bourgade du nom de Pons Ferrata, située sur la route vers Compostelle. Elle reçut le nom du pont de fer qui la traversait. En 1178, le roi de Léon, Fernando II, plaça cette florissante bourgade sous la protection de l'Ordre du Temple. Les Templiers se servirent des remparts romains originaux pour y construire un château où ils s'établirent et qui protégeait les pèlerins.

La ville est étonnamment grande avec beaucoup de rues à sens unique! Côté parking, on en pas vraiment trouvé, mais on a trouvé une place dans une ruelle.

Ponferrada_Ch_teauPonferrada_Ch_teau1

Ensuite on a marché jusqu'au château "Templario" de Ponferrada (M-S 11h-14h/16h-18h, D 11h-14h; 4€). C'est un ensemble de tours, murs et murailles qui est en cours de restauration. Le point de vue est bluffant et on a tendance à s'imaginer guettant les plaines environnantes! Le château de Ponferrada fut initialement une petite localité avec une enceinte renforcée par les Templiers avec un mur de chaux et de pierres au XIIIs. Après la dissolution de l'Ordre en 1312, le château eut de nombreux maîtres et de grands travaux furent réalisés pour transformer l'ensemble en un palais luxueux avec jardins, patios...

Ponferrada_Ch_teau5Ponferrada_Ch_teau6

Le château fût conservé presque intact jusqu'en 1811, année où a été décidée l'explosion des forteresses intérieures afin qu'elles ne tombent aux mains des troupes napoléoniennes. En 1924, sa restauration débuta. Le château comprend une enceinte importante de forme polygonale avec 2 voire 3 défenses qui forment des barbacanes, des tours, des dépendances et 1 grand jardin.

Ponferrada_Ch_teau_et_pont_levis.

L'ancienne fosse était traversée par un pont-levis qui a été reconstruit en pont fixe -par lequel on entre- flanqué de 2 tourelles, autrefois surmontées de creneaux et annexées par une terrasse en saillie.

   

Las_Medulas1

.Las_Medulas2

Enfin, on reprend la route pour l'ultime étape de la journée et pas des moindres! LES MEDULAS : ancienne exploitation aurifère à ciel ouvert (unique sous l'Empire Romain) exploitée par les Romains entre le I et le IIIs. L'eau était amenée par un système de canaux depuis l'Eria et la Cabrera, à plus de 100km  de distance! Ce gisement est de type secondaire, c'est-à-dire que l'or ne se trouve pas ne filaments ou de forme massive dans la roche : il s'agit d'un alluvion de Mioceno -formé par agglomérations; la quantité d'or varie de 60-300mg/m3 dans les alluvions les plus profonds et jusqu'à 20-100mg/m3 dans les plus superficiels.

Las_Medulas_

Le paysage (plus de 1000ha) rougeâtre et peuplé de châtaigniers, proprement saisissant, est classé par l'UNESCO. Ce paysage de pitons aux formes curieuses est en fait les accumulations des déblais. Vaut vraiment la peine  : soit par la balade (compter une journée) soit par le panorama depuis le Mirador de Orellan (suivez les panneaux, grande aire de stationnement). Pour les randonneurs, le centre d'Interprétation vous renseignera sur les différents itinéraires possibles.

On a ce sentiment que la nature ne cesse d'étonner et qu'il serait dommage de ne pas voir un tel paysage dans sa vie.

Las_Medulas_chataignierLas_Medulas_chataignier_zoom_

Châtaignier. Saviez-vous que les châtaigniers vivent plusieurs centaines d'années, leur tronc noueux rappelle celui des oliviers.

Après cette riche journée grisâtre mais non pluvieuse, on file s'installer au Parador de Villafranca del Bierzo : petit village viticole. A ce propos, vous vous souvenez qu'à Astorga, on s'était arrêté dans une épicerie? Cette dernière vendait des vins, y compris du vin de VillafrancaVillafranca del Bierzo : un délice. Par conséquent, on a demandé au réceptionniste s'il connaissait la Cave Palacio de Arganza. Il se trouve que la cave est en plein centre-ville, à 10min à pied du parador! Nous nous y rendons et on entre à l'intérieur d'un fantastique palais en pierre. L'accueil est très chaleureux et avant de repartir avec 2 caisses de vin rouge, l'assistante nous fait une rapide visite de la demeure.

Villafranca_del_Bierzo_Palacio_de_ArganzaLe palais des Ducs d'Arganza date du XVs mais ce n'est qu'à partir de 1805 que sa vocation commerciale se définit. Les pièces sont richement décorées de meubles anciens, de tapis, d'armures : un vrai musée. Le domaine viticole couvre 1500ha avec environ 3000-3500 cèpes par ha. Les cépages des rouges sont : mencia, garnache, tempranillon et cabernet-sauvignon; ceux des blancs sont : godello, valenciana, jerez et riesling. Compter de 3 à 10€ pour une bouteille de vin rouge et 3-4€ pour une bouteille de vin blanc.

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14 novembre 2008

3ème jour de voyage (23/03/06) : Lugo et La Corogne : 223km

Départ après le petit-déjeuner buffet du Parador de VillafrancaVillafranca del Bierzo pour découvrir LUGO.

Lugo fut fondée en -15 par le légionnaire Lucus Augustus la convertissant en capitale de la gallaecia sous l'occupation romaine et ville encerclée de murailles classées par l'UNESCO, j'aurais aimé plus visiter Lugo, mais la pluie est un redoutable "anti-touristeanti-touriste". Par conséquent, après nous être garés dans le parking soutterain de la Porta Campo Castello, face à l'office de tourisme et la mairie, nous avons sorti les parapluies et emprunté les rues piétonnes jusqu'à la Puerta de San Fernando.

Lugo_MurailleLa ville présente d'intéressants vestiges de son passé romain, comme ses remparts millénaires, son pont et ses thermes. Intra-muros, Lugo présente de tranquilles rues piétonnes, de belles demeures et un palais épiscopal du XVIIIs. 10 portes permettent l'accès à la muraille (Do Obispo, Rua Nova, San Fernando, Falsa, da Estacion, San Pedro, Campo Castelo, Pio XII, Carme et de Santiago).

On monte sur la muraille romaine (8 à 12m de hauteur, en dalles de schiste) de Lugo, érigée entre 265 et 310 ap JC, d'une longueur de 3km, possédant 86 tours dont 82 subsistent! Mais toutes ne sont pas romaines!!! La ville fut fondée en 15 av JC et était équipée de bains, maisons urbaines... Mais c'est vraiment trop dur de tenir, le parapluie se retourne avec le vent, bref : retour à la voiture.

Direction : La Corogne. Bien que l'origine de La Corogne remonterait à une ancienne implantation celte, l'histoire de la ville commença à prendre de l'importance dès l'époque romaine lorsque son port devint un lieu de passage clé sur les routes de navigation. La tour d'Hercule, seul phare romain encore en service et véritable symbole de la ville, est le témoin de cette époque. En 1588, la Corogne fut le pont de départ de l'Invincible Armada, la plus grande flotte au monde comptant 130 vaisseaux de guerre totalisant un équipage de 10 000 matelots et pouvant accueillir 19 000 soldats qui se dirigea vers l'Angleterre sous prétexte de venger la mort de Marie Stuart,, mais en réalité pour mettre fin aux attaques des corsaires anglais contre les navires espagnols et à l'aide qu'Elisabeth I apportait aux rebelles hollandais. L'expédition joua de malheur : le mauvais temps les retarda et les Anglais prévenus, s'étaient préparés : leurs voiliers rapides harcelèrent la flotte espagnole et l'expédition tourna à l'échec (63 navires et 15 000 perdus). En représailles, Francis Drake attaqua la Corogne en 1589 mais Maria Pita lui arracha son drapeau et sonna l'alerte : sauvant la ville.

L'agglomération de la Corogne ou A Coruña compte plus de 600 000 hab et c'est plus facile d'y aller que d'en partir! Mais ça ce sera pour plus tard... Le trafic est dense et le parking souterrain de la Plaza Maria Pita est idéalement situé : face à la marina et adossé à la Cité.

La_Corogne_Marina

La marina aux célèbres galeries vitrées, érigées en 1870-74, dont certaines mesurent plus de 25m de long!! La galerie forme une chambre thermique qui protège la façade de la pluie et permet d'unir visuellement l'intérieur et l'extérieur, elle facilite l'aération, capte la chaleur en hiver et rafraîchit les pièces.

La_Corogne_TramIl pleut toujours mais je suis motivée par le Parc Celte et la Tour d'Hercule et aussi le vieux tram. Ce dernire ne circule que les week-ends, vacances de Pâques et d'Eté! Zut. Donc on attrape le bus en direction de la Tour d'Hercule (7j/j 10h-18h/19h; 2€, 1€ -14ans et +65ans).

La_Corogne_Tour_d_Hercule.

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Mais arrivés là : 234 marches pour arriver en haut de la tour d'Hercule, en plus vu le temps : pas de panorama. Selon la mythologie, Hercule coupa la tête de Gerion et fit élever ce monument après avoir enterré ses restes mortels en-dessous.  Erigée à 50m d'altitude et au début du IIs sous le mandant de l'empereur Trajan, c'est le phare romain le plus ancien et toujours en service. La tour actuelle correspond à une réhabilitation exécutée en 1788, elle est recouverte de pierre de taille en granite.

   

La_Corogne_Parc_CelteCe qui me plaisait aussi beaucoup, c'était le Parc Celte, situé un peu après la Tour d'Hercule. Il s'agit d'un musée en plein air où l'on peut contempler plus d'une quinzaine d'oeuvres dont les menhirs de Manolo Paz : groupe de 12 sculptures dont chaque menhir possède un carré ventral d'où l'on peut voir l'Océan et la Tour, symboles du destin et de l'éternel recommencement.

Bref, on retourne à l'arrêt de bus et on attend, on attend sous la pluie. Puis on voit un bus qui passe et ne s'arrête pas! Enfin, au bout d'une bonne 1/2h voire plus, on voit passer un taxi. On l'interpelle pour qu'il nous ramène à la marina : nous sommes trempés, nos chaussures font slip-slapslip-slap, les cheveux sont dégoulinants. LA TOTALE!!

On reprend la route et on quitte le centre de La Corogne vers AP9, mais on a dû manquer l'embranchement, résultat : on retourne à la marina! RRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRR. On recommence et cette fois-ci, on fait bien attention à l'entrée sur la droite!

On parcourt une trentaine de km en direction de St Jacques de Compostelle et on s'arrête au Rectoral de Cines. In pleut toujours autant : on prend le minimum de sacs et on gare la voiture sous l'abri. C'est une super adresse en pleine campagne. Le Rectoral mêle pierres rustiques et déco moderne. Ancien monastère fondé en 909, mais au XIIs l'abbé bénédictin expulsa les moines du monastère. Le Conte propriétaire expulsa à son tour l'abbé mais le Pape Pascal II ordonna à l'évêque de Compostelle de réinstaller l'abbé. Le Conte se rendit à Rome mais n'obtint pas le retour des moines et la vie monastique s'acheva. Avec Mendizabal, toutes les propriétés religieuses furent sécularisées et le Rectoral tomba en ruines.

Il y a 9 chambres doubles, 1 avec jacuzzi et une suite et 1 appartement. En été, la piscine, le sauna... sont idylliques. Nous avons passé le début de soirée dans la chambre, blottis entre les couvertures et les radiateurs. Pour le dîner, nous étions seuls et nous avons été chouchoutés. Le chef est venu nous conseiller et ce fut un régal : fromage de Curtis (type Boursault) et anchois, carpaccio de boeuf, croquettes, merlu à la gallicienne et une tarte au fromage ... Le pain était excellent (en général en Espagne, c'est pas gagné!). On a tellement aimé le fromage de Curtis et le pain, qu'au moment de quitter l'hôtel, le lendemain matin; le propriétaire nous avait acheté un pain rustique et le fromage à emporter!   

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4ème jour de voyage (24/03/06) : St Jacques de Compostelle

Départ après le petit-déjeuner buffet du Rectoral de Cines pour la destination de tout bon Jacquet : St Jacques de Compostelle ou Santiago de Compostela.

St_Jacques_de_CompostelleJacques dit le Majeur a été l'un des plus anciens et des plus proches disciples de Jésus, il aurait quitté l'Orient et débarqué en Galice. Après avoir évangélisé l'Espagne, il serait revenu à JérusalemJérusalem pour être décapité, sur ordre du roi Hérode Agrippa II vers 41-43 lors des premières grandes persécutions contre les Chrétiens. Après sa mort, 2 disciples auraient embarqué son corps sur un navire, qui guidé par un ange, serait revenu en Espagne, le corps aurait alors été déposé dans un ancien cimetière romain. En 813, un ermite est conduit par la clarté d'une étoile miraculeuse à l'emplacement de la sépulture. Le roi Alfonso II fait édifier 3 églises à cet emplacement. Le contexte politique d'alors est constitué de guerres incessantes entre chrétiens et musulmans pour la maîtrise de la péninsule et St Jacques va devenir rapidement un symbole pour l'Espagne chrétienne. Vers 1161 est créé l'Ordre de Santiago, qui associe l'idéal chevaleresque et le culte Saint. Le pèlerin est vêtu d'une robe (la cotte), par dessus il a un surcot, il porte un chapeau de feutre à larges bords qui protègeait à la fois du soleil et de la pluie. Les 2 accessoires essentiels sont la besace (sacoche de cuir portée en sautoir) et le bourdon (gros baton de 2m de haut). Le symbole du pèlerinage est la coquille, les Jacquets les ramassaient sur les plages de Galice et les ramenaient chez eux, comme preuve de l'accomplissement d'un voeu et comme souvenir. Selon une légende, un prince précipité dans les flots par un cheval emballé en aurait été retiré par St Jacques et en serait sorti couvert de coquilles, qui depuis portent le nom du Saint.

Pour simplifier la journée, encore pluvieuse, nous avons directement été nous installer à l'hôtel, comme ça on avait déjà la voiture au parking de l'hôtel (8€ pour 24h)! Par chance, notre chambre était déjà prête (il devait être 11h) et on a pu y laisser nos bagages. L'hôtel Virxe da Cerca est une bonne adresse car il est très central, facile d'accès et offre un confort vraiment excellent. L'hôtel se divise en 2 bâtiments : l'ancien avec ses pierres apparentes et ses chambres rénovées et cosy, l'annexe qui est plus "motel".

St_Jacques_de_Compostelle_march_On quitte l'hôtel pour traverser la rue, et nous voilà dans la vieille ville! On commence par découvrir le Marché de Abastos (ouvert tous les jours) qui couvre plus de 5 000m2 avec différents compartiments : volailleurs, maraîchers, poissonniers -surtout les Vieiras (coquilles St Jacques), les clovisses et le poulpe. Les poissons les plus savoureux sont ceux des Rias ou des environs de la côte : colin, turbot, bar, mérou, sole...Ils sont préparés à la mode gallicienne (mijoté avec des pommes de terre et tomates), en caldeirada (soupe) ou à la marinade. 

On continue à se promener dans la vieille ville, sous la pluie. Les rues suivent un tracé médiéval et il est agréable de s'y promener car certaines sont à arcades et permettent d'être protégé du soleil ou (en l'occurrence) de la pluie . D'autre part, ces rues regorgent de bars, bistrots et petites boutiques vendant des souvenirs (bourdon ou coquille) et aussi des bijoux en jais des Asturies (azabache).

St_Jacques_de_Compostelle_Plaza_del_Obradorio

On arrive enfin à la Plaza del Obradoiro où se concentrent la Cathédrale, le Palacio Gelmirez (archevéché), l'Hostal de los Reyes Catolicos (Parador et ancienne auberge-hôpital des pèlerins), la Mairie et le collège de San Jeronimo.

St_Jacques_de_Compostelle_Cath_drale1

La Cathédrale de Santiago de Compostela (7j/7 7h-21h) est vraiment impressionnante, on se sent minuscule face à ses 2 tours. Vu le climat hyper océanique et donc humide : la façade est couverte de mousses vertes!! On est loin des cartes postales et photos de revues. La Cathédrale date du XIIs-XIIIsXIIs-XIIIs bien que la façade dont on vient de parler est une oeuvre baroque du milieu du XVIIIs. Juste avant de pénétrer à l'intérieur, prenez le temps d'admirer le Portique de la Gloire (XIIs)qui est réellement harmonieux et où le soucis du détail est poussé à l'extrême. Pour soutenir son poids, le maître Mateo dut renforcer la crypte du dessous. Sur le tympan, on observe le Sauveur entouré des 4 Evangélistes surmonté par les 24 vieillards de l'Apocalypse. Lorsque l'on entre dans la Cathédrale, on ne peut manquer la main creusée sous la statue de St Jacques : selon la tradition chaque pèlerin pose sa main pour signifier qu'il a atteint son but. Petite anecdote : juste derrière se trouve la statue du "St aux bosses" dont la vertu serait de donner mémoire et intelligence à ceux qui s'y cogneraient la tête.... A l'intérieur de la Cathédrale, on est surpris par la sobriété et les vastes proportions. Après la croisée du transept, on voit l'immense encensoir "botafumeirobotafumeiro" utilisé pour les grandes fêtes et processions, ainsi que le maitre-autel surmonté d'une statue du XIIIs représentant St Jacques dont le manteau est accessible aux pèlerins.

Pour les amateurs, faites un tour au Musée (L-S 10h-13h30/16h-18h30/20h, D 10h-13h30/14h, 5€, 3€ +65ans). Vous y découvrirez  le trésor, la crypte, la bibliothèque, la salle capitulaire et le cloître. L'entrée du musée se fait juste à droite de la Cathédrale, toujours sur la Plaza del Obradoiro.

St_Jacques_de_Compostelle_Plaza_de_la_Quintana.

La ville compte plus d'une vingtaine de couvents et d'églises, sur le chemin du retour, malgré la pluie, on se promène et on observe de beaux palais avec blasons (Pazo = manoir), la jolie Plaza de la Quintana.

St_Jacques_de_Compsotelle_Tarta_de_SantiagoOn retourne se sécher à l'hôtel mais si vous voulez profiter d'un moment agréable, asseyez-vous au bar du Parador pour prendre un café ou autre chose; ou bien à la Cafeteria Paradiso au 29 de la Rua do Vilar -café ambiance XIXs- peut-être vous laisserez-vous séduire par les filloas (crêpes) ou la tarta de Santiago (gâteau dense à la poudre d'amandes)?

Pour notre dîner, nous avons opté pour la facilité : le restaurant de l'hôtel : O'Picho da Cerca (fermé le dimanche). Déco un peu rustique (banc et tables en bois) mais le service était rapide et les plats délicieux : sachez que lorsque vous commandez, vous aurez tous les plats servis ensemble, à se partager! Croquettes, moules, gambas à l'ail, poulpe à la feira (cuit en morceaux avec poivron, sel et l'huile) ou à l'ail avec gambas, tortilla, entrecôte à la plancha, zorza (emincé de filet mignon à l'ail et piment), queso de tetilla (fromage de vache à pâte pressée en forme de sein), salades...  

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5ème jour de voyage (25/03/06) : Pontevedra et Rias Bajas

Départ après le petit-déjeuner buffet du Rectoral de Cines pour Pontevedra.

Ancien port actif peuplé de pêcheurs et de commerçants, ville natale de Pedro Sarmiento -cosmographe du XVIs. Hélàs, l'ensablement de l'embouchure du Lerez provoca à partir du XVIIIs, le délcin de la ville et le développement d'un nouveau port à Marinin. On se gare dans le parking souterrain du Marché sur l'Avenida de Buenos Aires le long du Rio Lerez (bien central).

Pontevedra_march_On fait un petit tour aux halles réparties sur 2 étages : le RDC est réservé aux poissonniers et à l'étage se disputent primeurs, volailleurs, bouchers et charcutiers! Grands étales et surtout beaucoup de seiches dans leur encre, gambas...

On emprunte les ruelles médiévales jusqu'à la pittoresque Praza da Leña dotée de belles façades; on y vendait autrefois du bois (leña) pour les cuisines. Justement, sur cette place, on profite d'un petit concert de musique celtique et galicienne! Très entraînant.

Pontevedra_musiciens

 

La Galice revendique son ascendance celte que l'on retrouve dans la musique où l'on joue :

- de la cornemuse (gaita)

- des instruments à percussion : tamboril -caisse claire-, bombo -grosse claire-, pandeiro -tambour sur cadre-, tambourin, vieira -castagnettes faites de coquilles St Jacques

- des instruments à vent : pitu -sorte de chalemie à 7 trous + 1 à l'arrière-, requinta - proche du fifre-, ocarina, clarinette et accordéon.

- des instruments à cordes : violon, vieille-roue et parfois harpe

Le galicien (galego) est assez proche de la langue portugaise et est parlé par près de 3M de personnes!

Pontevedra_Sanctuario_de_la_Virgen.

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Non loin de là, sur la Praza de Ourense, s'élève le Sanctuario da Peregrina, de style baroque de 1778. Son plan en forme de coquille est un clin d'oeil aux pèlerins. D'ailleurs, l'image de la Virgen Peregrina du XIXs fut apportée par des Jacquets français.

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Pontevedra_Sanctuario_b_nitierOn est fasciné par l'important bénitier rapporté des voyages dans le Pacifique par l'Amiral Mendez Nuñez !

Pontevedra_Vannerie

Avant de repartir à la voiture, on profite du dédale de ruelles pour flâner chez les commerçants de vannerie (cesteria) , très réputée pour ses paniers de toutes tailles, valises...

On remonte vers les Rias Bajas. Les rias se distinguent en 2 zones : les Rias Altas du Cabo Ortegal à celui de Finisterre, et les Rias Bajas du Cabo Finisterre à Baiona, réputées pour être les plus ensoleillées du littoral septentrional espagnol.

Rias_Bajas_c_teRias_Bajas_c_te_sauvage

La ria est un bras de mer qui pénètre dans le continent en découpant le littoral. A l'origine, certaines furent favorisées par l'existence d'un réseau intense de fractures d'effondrement qui facilitèrent la pénétration de la mer et marquèrent leur dessin, d'autres correspondent à la partie inférieure d'ancienne vallées fluviales inondées et d'autres encore sont d'anciennes fosses tectoniques. Tout au long des 1 400km de côtes, s'allongent des km d'étendues sableuses (772 plages) ou de spectaculaires falaises. La Galice est une région isolée, tendue vers l'océan et rappelant la Bretagne dont les profondes rias virent de nombreux navires s'échouer et se fracasser sur cette côte battue par les tempêtes.  La route côtière est très jolie et offre de nombreux panoramas sur cette côte dentelée. On a tenté d'aller jusqu'au Cabo de Corrubedo mais on a jamais réussi à trouver la petite route qui y mène!

Ria_de_Arousa_plateaux_de_moulesRia_de_Arousa_plateaux_de_moules_zoom_s

Les Rias de Arousa, Vigo, Pontevedra, Muros et Ares (ces 2 dernières accueillent plus de 3000 parcs à moules) sont des centres de culture de moules (mejillones). Depuis 1946, la production de moule des Rias Galiciennes est une culture en plateau (trame flottante de 500m2 formée par une série de flotteurs supportant des rubans de bois d'Eucalyptus de forme rectangulaire. Les 5 étapes de la culture des moules sont : l'obtention de la semence, la mise en place de la semence dans les cordes, le dédoublage, l'engraissement et enfin la récolte. Les cordes mesurent 12-18m intercalées par des bâtonnets de bois afin de répartir le poids de la moule le long de la corde. Lorsque le poids atteint 100kg, les cordes sont dédoublés afin qu'elles ne pèsent plus que 30kg chacune.

On arrive à l'hôtel Pazo O Rial situé à Vilagarcia de Arousa. Palais du XVIIs avec piscine, parking et restaurant. l'intérieur est très bien conservé et aménagé : coin cheminée, petits salons, grande salle de restaurant. Les chambres sont un peu vieillottes mais grandes. Le dîner est soigné et orienté vers les produits de la mer : bar, sole, fruits de mer. Correct et bon rapport qualité-prix. 

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6ème jour de voyage (26/03/06) : Rias de Arousa, de Pontevedra et Baiona

Départ après-le petit déjeuner buffet de Pazo O Rial de Vilagarcia de Arousa. On continue de longer la côte de la Ria de Arousa.

La_Toja2La_Toja

On s'arrête devant l'île de La Toja couverte d'une pinède. C'est la station la plus élégante de la côte qui est peuplée de villas luxueuses et aussi un palais début XXs.

Iles_Cies

A l'entrée de ces Rias, les îles Cies, les îles Ons, l'île de Salvora et celle de Cortegada forment le Parc National des îles Atlantiques. Des navettes (au départ de Vigo, Cangas et Baiona) permettent de relier les îles Cies en 45min mais seulement du 15 juin au 15 septembre, 18€ A/R! L'archipel vaut vraiment la balade par ses côtes sauvages, ses impressionnantes falaises, ses belles plages sablonneuses et ses coquillages. Le Cabo Home offre un beau point de vue (si le temps est dégagé) sur les îles Cies.

Hu_tresAprès les parcs à moules d'hier, aujourd'hui, le centre ostréicole d'Arcade, au bout de la baie de Vigo! Chaque premier week-end d'avril, Arcade accueille la Fiesta de la Ostra où la consommation atteint 100 000 huîtres (ostras). La production gallicienne n'atteint que 400 T/an. La consommation d'huître remonterait au IV av JC en Galice. Au XVIs, la Mitre de Compostelle régula la récolte des huîtres afin d'obtenir une distribution continue vers le Royaume de Castille et les Asturies. Au XVIIIs, l'exploitation pour fournir la monarchie a presque provoqué la disparition des bancs naturels d'huîtres dans la Ria de Vigo, cependant, l'exploitation continue permit la mise en place de moyen de contrôle. Au XIX, l'extraction des huîtres fut intense avec une exportation vers la France pour repeupler les cultures françaises et engendra une chute du nombre d'huîtres galiciennes. Par conséquent, il fallut importer des huîtres et un savoir-faire de France pour relancer l'ostréiculture, mais il fallut attendre 1970 pour que la culture soit relancée.

Baiona_Forteresse_de_Montereal

On descend ensuite vers Baiona. On aperçoit bien sa foreteresse Montereal. On se gare en bas du Parador, les rois catholiques firent ceindre de murailles la presqu'île de Montereal au début du XVIs. Au milieu d'une agréable pinède, le fort où résidait le gouverneur de la ville a été converti en parador. C'est à Baiona, que la caravelle la Pinta de Christophe Colomb accosta le 10 mars 1493.

On file ensuite vers le Portugal.

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