16 juillet 2009
Chatelaillon-plage et Fouras
Nous filons vers Châtelaillon-plage et sa longue plage de sable fin : 3km de long.
Seul petit soucis à marée basse = la mer se recule et laisse apparaître un estran vaseux, pas franchement attirant pour la baignade mais apprécié des pêcheurs à pied qui y trouvent coques, palourdes, couteaux, crevettes grises ou roses... La plage est ventée et bien aménagée avec des douches pour se rafraîchir!
Chatelaillon-plage est vraiment charmant, son essor remonte à 1890-1915, grâce à l'arrivée du réseau ferré qui permit d'y pratiquer les bains de mer et grâce à la fréquentation de l'aristocratie française et anglaise qui construisit de belles demeures & petits châteaux. On en recense plus de 750 restaurés!
En effet, la compagnie des chemins de fer des Charentes achète en 1877, 25 ha de terre à Châtelaillon & décide d’y installer une halte et de nouveaux lotissements. De 412 habitants en 1892, Châtelaillon passe à 814 en 1901, date du 1er recensement communal. En 1936, date des 1ers congés payés, la population atteint 2236 habitants (retraités, commerçants, professions libérales...)
La promenade le long de la plage est bordée de tamaris et de séduisantes propriétés. La rue à sens unique permet aux voitures de profiter du panorama.
Maison construite dans le 2ème quart du XXs, elle illustre l’importance des classes moyennes dans la naissance et le développement de Châtelaillon.
Elle est reconnue station balnéaire climatique en 1926.
Dès 1939, Châtelaillon-Plage reçoit près de 2500 personnes évacuées des villages d’Etzling et d’Alsting en Moselle.
Pour assurer leur chauffage dans des résidences de vacances, le conseil municipal prit la décision d’abattre les platanes du boulevard. L'arrivée des Allemands le 23 juin 1940 entraîna la construction des blockhaus sur la colline des Boucholeurs, faisant partie du mur de l’Atlantique. Chatelaillon est libérée le 6 mai 1945. Après la seconde guerre mondiale, la station accueillit une clientèle essentiellement populaire. A partir de 1960, et malgré l’apport d’une population nouvelle travaillant à La Rochelle, le déclin progressif du Casino et le désensablement de la plage font perdre à la ville toute identité qui devint alors une banlieue de La Rochelle.
Après le déjeuner, on reprend la voiture en direction de Fouras. La presqu'île s'étend sur 4 km et offre un panorama sur les îles d'Aix, de Ré et d'Oléron, ainsi que sur Fort Boyard.
Fouras a connu un fort développement au début du XIXs, grâce à la mise en route des chemins de fer de l'Etat & à la mode des bains de mer qui en firent une station balnéaire très prisée avec de superbes villas XIX & XXs.
Fouras compte un peu plus de 4000 habitants qu'il est aisé de multiplier par 3 en juillet-août!
Cette paisible presqu'île offre un délicieux dépaysement, paisible et très familial à travers ses ruelles où la reine de Charente a élu domicile. Elle revêt ses plus belles tenues au début de l'été : juin et juillet sont ses mois préférés! Elle est partout, sur les bords de route, le long des murs des maisons, elle s'adosse partout et adooooooore le soleil : la rose trémière est incontournable. originaire d'Asie, la rose trémière appartient à la famille des Malvacées. Son nom botanique vient du grec "althaino" et du latin "rosa" = rose qui guérit, en référence à ses propriétés médicinales. Rose trémière est une altération de Rose d'Outremer, rapportée d'Orient par les croisés du Moyen Age aux XII & XIIIs.
Voici le musée de Fouras, gratuit et offrant un beau panorama sur la presqu'île et les îles. Il ne reste rien du château érigé au XIs, pour contrôler l'estuaire et instaurer un péage. L'actuel donjon date de la fin du XVs et fut complété d'une forteresse sous Louis XIV d'où son nom "Fort Vauban", aggrémentée de plate-formes, courtines, tours... typique de Vauban.
Il ne faut pas oublier les courants chauds qui traversent sa pointe avancée de la Fumée, favorisant la croissance des huîtres et des moules qui en font un centre ostréïcole & mytilicole important. A marrée basse, l'estran sableux apparaît avec ses parcs à huîtres, ses petits coquillages que les locaux ramassent.
A fortes marées, on peut même rejoindre en voiture le fort Enet (visite de 2h à marée basse, se renseigner auprès de l'office de tourisme), de forme semi-cylindrique, il fut construit en 1810 par Napoléon pour interdire le passage entre l'île d'Aix et Fouras en souvenir de l'affaire des brûlots (en avril 1809, à la demande de Napoléon les escadres de Brest & Rochefort se regroupent dans la rade de l'île d'Aix afin de secourir les Antilles -victimes d'un blocus britannique-. L'estacade construite par l'amiral Allemand pour protéger l'escadre est détruite par des brûlots anglais qui profitent du vent de N-O et de la marée montante; les vents & les courants poussent les français vers la côte! Ils s'échouent et tentent de regagner Rochefort par la Charente (4 vaisseaux perdus, 10 en piteux état). A partir de là, l'importance de fermer la rade de l'île d'Aix devient évidente.) Renforcé en 1840 suite à des menaces anglaises, complété par des casemates, des logements... L'entente cordiale franco-britannique déclasse le fort au début du XXs.
On aperçoit Fort Boyard depuis la côte charentaise, construit entre 1843-59 afin de protéger la passe entre Aix-Oléron & Rochefort sur un banc de sable. Malheureusement, la portée des canons passent à 3km et l'utilité du fort à cet emplacement-là ne sert plus à rien! Il devient alors une prison avant d'être abandonné et racheté par un particulier en 1962 avant que le Conseil Général de Charente ne s'en porte acquéreur en 1989.
Saviez-vous que Fouras est le 1er centre national de captage de naissains d'huîtres? La culture se déroule en 4 phases :
1/ captage :3 fois/an, l'huître pond des larves qui au gré des courants, se fixent sur des collecteurs. Au bout de 3 semaines, elles donnent le naissain.
2/ naissain : 9 mois plus tard, les larves font 2-4cm, on les détache des collecteurs "détroquage" et on les élève dans des bassins d'eau de mer pendant 9 mois.
3/ élevage : soit à même le sol, soit sur tables.
4/ affinage : en septembre, on sort l'huître de la mer et on la replonge dans les bassins pendant 3-4 mois avant de les commercialiser.
La région Poitou-Charente produit les incontestables Huîtres Marennes Oléron, mais aussi des Huîtres de l’Ile de Ré et des environs de la Rochelle, ces huîtres présentent un goût de jeune noisette, moins oidé que les autres huîtres car elles ne sont pas élevées en pleine mer, et une couleur bleu-vert profond grâce à une micro-algue spécifique des claires. Notez tout de même que ces huîtres bénéficient d'un Label Rouge et représentent 50-55% de la production française d'huîtres.
Il ne faut pas oublier la culture de la moule, qui se fait sur des pieux en bois 'bouchots', les larves se fixent sur des cordes en chanvre, formant un manchon noir 'la pelisse' sur laquelle on pose un filet souple 'le catinage'. Au bout d' 1 an, les moules sont récoltées à marée haute.
Sur toute la cote charentaise, vous ne cesserez de voir et bien entendu, d'admirer les "carrelets".
Ces cabanes de pêcheurs doivent leur nom au filet carré tendu. On le descend horizontalement au moyen d'un treuil depuis le ponton, les pêcheurs le remontent très rapidement, pour bien emprisonner les poissons situés entre le filet et la surface. Cette pêche est très réglementée car elle implique la construction d'un ponton sur le domaine maritime. La tempête de décembre 1999 avait détruit 600 carrelets, heureusement 450 ont été reconstruits en suivant des directives strictes : tout bois, toit en tôle "autorisé".
Certains carrelets sont totalement isolés de la côte à marée haute et un bateau est alors indispensable!
Nous quittons Fouras et partons à Rochefort où nous avons réservé une chambre à l'hôtel ROCA FORTIS. Petit hôtel familial central 2 étoiles, propre bien qu'un peu vieillot (pas de parking, ni de restaurant, petit-déjeuner continental).
En face de l'hôtel, la chambre d'hôtes Palmier sur cour était complet mais semblait être une adresse à retenir pour un prochain séjour, rue de la République.
15 juillet 2009
Rochefort, le Belem
Après le petit-déjeuner, nous filons à toute allure vers le port de commerce où le trois-mâts "le Belem" a accosté. L'ouverture de la billetterie annonce 10h! Attention, c'est qu'il faut y être au moins 30 minutes avant l'ouverture car l'engouement pour la visite du navire est tel que nous avons attendu 45min avant d'y monter. La visite libre à bord dure à peu près 40 minutes, la billetterie remet un petit dépliant et des explications détaillées figurent sur des panneaux à bord.
Construit en moins de 6 mois et mis à l'eau le 10 juin 1896, ce navire marchand réalisa 33 campagnes entre 1896 et 1913, principalement entre Nantes, Montevideo, l'Argentine, Les îles des Caraïbes et la Guyane. A cette époque, il était recouvert d'un seul pont principal donnant accès à une cale de 1500m3 où étaient entreposées les marchandises (cacao, rhum, sucre).
Racheté en 1914 par le Duc de WestminsterWestminster pour en faire un navire de plaisance. Il fut "relooké" et prit l'apparence que nous connaissons de nos jours : remplacement des bas mâts en bois pour de l'acier, installation de 2 hélices & 2 moteurs, construction de cabines en acajou (pour accueillir 40 personnes), une balustrade entourant le pont arrière....
En 1921, après avoir vogué à bord du Belem, Sir Arthur Ernest Guinness n'a qu'une envie : posséder le Belem! Il l'achète donc du Duc et le rebaptise "Fantôme II" avant de l'emmener faire le tour du monde par le Canal de Panama et par celui de Suez. Désarmé en 1939 dans l'Ile de Wight, il y resta jusqu'à ce que le Comte Vittorio Cini décide de le convertir en bateau-école en 1951. Bien entendu, il fallut à nouveau le réaménager pour accueillir une soixantaine d'orphelins de marins & de pêcheurs afin de les initier aux métiers de la mer.
En 1965, il fut jugé trop archaïque et fut vendu aux Carabiniers de Venise qui le donnèrent aux chantiers navals de Venise. 5 ans plus tard, le Dr Gosse le visita à Venise et mobilisa l'opinion publique française de la nécessiter de "sauver" le Belem. Enfin, en 1979, la Caisse d'Epargne devint l'heureux propriétaire du Belem. Après d'importants travaux, le Belem ouvrit ses portes comme Bateau école pour le public désireux de connaître les modes de navigation et les usages de la marine d'autrefois. Néanmoins, il est possible de visiter ce navire sans faire partie d'un stage, voici le calendrier des escales.
Revenu sur le quai, nous retournons vers le centre-ville de Rochefort pour remplir notre estomac, en passant par le port. Par chance, il est tout juste midi, le restaurant Le Cap Nell (05 46 87 31 77, fermé mardi soir et mercredi hors saison) dispose encore de quelques tables non-réservéesnon-réservées en terrasse mais il vaudra mieux réserver pour une prochaine fois! C'est une adresse très courue des Charentais qui aiment y déguster des plateaux de fruits de mer, des poissons frais ou même une simple salade rafraîchissante.
Rochefort offre aux piétons une excellente configuration : tout est à portée, on peut donc découvrir le centre-ville en une journée sans parcourir de longues distances, sans se perdre dans un labyrinthe de rues! Rochefort est un dérivé de "Roccafortis", nom du chateau qui dominait la Charente au XIs, entouré de marais! C'est à la demande de Louis XIV que Colbert choisit le site de Rochefort pour installer un nouvel arsenal de guerre. La configuration en damier de la ville et les remparts date donc du XVIIs. Rochefort croit rapidement tant sur le plan commercial que démographique. A la fin du XIXs, le faible tirant d'eau et l'envasement constant de la Charente ne permettent pas d'accueillir les nouveaux cuirassés et l'arsenal périclite jusqu'en 1927, date de sa fermeture. Dès 1916, un centre d'aérostation maritime, un centre-écolecentre-école d'aviaition et une base aérienne sont créés, dynamisant Rochefort. De nos jours, Rochefort est tourné vers le tourisme, le tertiaire, le port de commerce qui en fait le 3ème plus grand exportateur de bois en France!
Du restaurant, on longe les bords de la Charente, agréablement aménagés pour les cyclistes et les coureurs sans oublier les "croisiéristes" qui voguent vers l'île d'Aix et Fort Boyard. Plusieurs compagnies desservent les îles charentaises (sauf l'île Madame qui se rejoint à pied et à marée basse, consulter le calendrier des marées) :
¤ Inter Iles : iles de Ré, d'Aix et d'Oléron, Fort Boyard au départ de La Rochelle, île de Ré, île d'Oléron, la Tranche sur Mer, Bourcefranc le Chapus.
¤ Croisières Alizé : Fort Boyard & îles d'Aix au départ de Fouras.
¤ Croisières fourasines : île d'Aix et Fort Boyard au départ de Rochefort & de Fouras.
¤ St Denis croisières : île d'Aix, d'Oléron, Fort Boyard au départ d'Oléron.
¤ Navipromer : île d'Aix & Fort Boyard au départ de La Rochelle.
La Charente parcourt 380km avant de rejoindre l'Océan Atlantique au sud de Rochefort. Réellement navigable sur 179km grâce aux 21 écluses, la Charente offre aux plaisanciers une jolie promenade, des escales pittoresques: Cognac, Saintes, Rochefort..., des coins pour la pêche...
On rejoint la Corderie Royale (7j/7 avril-septavril-sept : 9h-19h; oct-mars : 10h-12h30/14h-18h; visites guidées 10h30-14h30-17h30 sauf juillet-août -visites libres-; 6-8€, 2.5-3.5€ 6-15 ans) qui est un immense bâtiment, tout en longueur 374m (on y confectionnait les cordages des navires longs d'1 encablure (200m), couvert d'ardoises.
Colbert établit un arsenal à Rochefort, à la demande de Louis XIV. Entre 1670 & 1927 : 500 navires & vaisseaux y furent construits. La corderie fabriquait des cordages pour la marine jusqu’en 1867, l’évolution des techniques et l’apparition des câbles d’acier rendant obsolète son activité; partiellement détruite par un incendie causé par les Allemands en 1944, la Corderie fut restaurée et classée. Le bâtiment accueille la CCI de Rochefort et de Saintonge, la médiathèque, la LPO, le Conservatoire du Littoral et le Centre international de la mer (salles d'exposition sur la fabrique de cordages).
On ressort par l'Arc de Triomphe de l'Arsenal (office de tourisme et boutique), on longe le marché (ouvert mardis matins, jeudis matins et samedis matins). Profitez du marché et des producteurs locaux pour découvrir 3 spécialités :
- la Jonchée : lait caillé pressé et enroulé dans des joncs. Goût prononcé (mélange de laurier et de feuille)
- le Millat Charentais : tarte-flan aux pommes parfumé au cognac
Rochefort offre des rues bordées d'hôtels particuliers mitoyens d'une hauteur moyenne de 2 ou 3 étages. L'ambiance provinciale nous conduit jusqu'au 141 de la rue Pierre Loti où nous attend la visite guidée de la demeure rochefortaise de l'écrivain. L'extérieur de la maison ne laisse pas du tout préfigurer l'intérieur même si l'on aimerait visiter et découvrir plus de pièces exubérantes! La maison de Pierre Loti (mieux vaut téléphoner au 05 46 82 91 90 pour vérifier les disponibilités et horaires; visites guidées d'1h par groupe de 20 personnes; 8€) était sa maison natale qu'il s'obligea à conserver tel quel tout en achetant la maison adjacente afin de la décorer selon ses goûts.
Pierre Loti/Julien Viaud (1850-1923) nous est présenté par le guide comme un jeune homme de bonne famille, qui suivit les pas de son frère Gustave dans la marine et qui s'adonna à l'écriture sans quitter la marine. L'oficier Julien Viaud effectua de nombreux longs voyages (Tahiti, Sénégal, Turquie, Chine, Inde...) qui influencèrent ses idées et son mode de vie. L'écrivain Pierre Loti, utilisa ce pseudo en souvenir d'une vahiné qui l'avait surnommé Loti -nom d'une fleur de Tahiti. Il signe ainsi son 3ème ouvrage en 1881 "le Roman d'Un Spahi", c'est grâce à son roman "Pêcheur d'Islande" prix Vitet en 1886 que Pierre Loti accède à la gloire littéraire. Il épouse à l'automne Blanche de Ferrière, par intérêt qui lui donnera un fils en 1889, Samuel et qui le quittera en 1905. Pierre Loti continue ses voyages, seul, en Orient : par le Maroc, l'Egypte et l'Israël; et au Pays Basque où naîtront 3 enfants illégitimes avec Crucita Gainza. Il rentre à Rochefort en 1897 et décide alors de "relooker" la maison de famille. Il achète la maison adjacente dans laquelle il laisse libre-court à son inspiration : salle gothique, salle Renaissance, Mosquée, salons de style oriental... 3 ans plus tard, il repart en mer, vers l'Asie, et effectue des missions. Les 2 dernières années de sa vie, il souffre d'hémiplégie qui le tuera à Hendaye, bien qu'enterré à Rochefort. La maison est cèdée à la ville de Rochefort par Samuel, qui l'ouvre au public en 1973.
On continue notre petit tour dans Rochefort, vers l'hôtel de ville, situé sur la Place Colbert dotée d'une fontaine de pierre, de balcons rocaille ou néoclassiques. Bien mise en valeur lors du tournage du film "Les Demoiselles de Rochefort", la place bordée de petits café-restaurantscafé-restaurants aime à rappeler la vocation maritime de la ville grâce à l'horloge de marées qui indique l'état de la marée et le nombre d'heures restant avant la basse mer!
Avant de quitter Rochefort, en remontant jusqu'à notre voiture, on passe devant l'église St Louis, ancienne chapelle des Capucins où git l'Intendant Bégon.
07 mai 2009
1er jour : Rion des Landes, Dune du Pyla et Bassin d'Arcachon
En fin de matinée, nous quittons la côte basque pour Rion des Landes. C'est ici que Maité (de son vrai nom Marie-Thérèse Ordonez "la Cuisine des Mousquetaires") a ouvert son restaurant Chez Maité, elle propose une cuisine landaise très typique (foie gras chaud, magret, rillettes de canard... Mieux vaut réserver (05 58 57 18 05)-surtout que le restaurant n'est ouvert que le midi! Service rapide et efficace, la cuisine est plutôt riche, portions généreuses et conforme à la cuisine traditionnelle.
Après déjeuner, nous filons (1h30 de route) à la Dune du Pyla. Un immense parking est payant en saison (3.05€ la journée et 2.30€ l'heure). Prévoyez un coupe-vent car le site est assez balayé par les vents d'Ouest venant de l'Océan.
Au pied de la dune, plusieurs snacks, crêperies, restaurations rapides et boutiques de souvenirs se succèdent dans des petits chalets aux tuiles d'écorces de pin.
La montée de la dune s'effectue par le côté Est soit en montant les escaliers, soit en tentant l'ascension dans le sable! Nous avons opté pour une ascension par escaliers puis une descente par le sable (excellents fous rires -on a l'impression d'être en apesanteur!)
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La dune du pyla est la plus haute dune d'Europe, elle est en mouvement constant, atteignant 107m de haut sur 3000 de long et 500 de large! Une fois, en haut le panorama à 360° laisse sans voix :
(Banc d'Arguin, Océan Atlantique, Bassin d'Arcachon et forêt landaise).
La dune du Pyla a une géologie bien particulière, elle se compose de dunes en forme de croissant dites paraboliques lorsque leurs pointes sont dirigées vers la côte et d'autres dites barkanes aux pointes dirigées vers l'intérieur. Ces dernières sont plus mobiles et sont venues buter sur les 1ères, les recouvrant. L'apport de sable est alimenté par les bancs qui circulent du Cap-Ferret vers le Sud. Le banc le plus important est celui forma le Bassin d'Arcachon qui s'avançait de 4km dans la mer au XVIIIs
Depuis l'ère préhistorique, les forêts se sont développées lors des périodes climatiques chaudes tandis que les apports de sable relèvent des périodes froides et venteuses. La formation de la dune a duré plus de 4000 ans et compte plusieurs étapes :
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Entre 0 et 15m, on compte 7 paléosols horizontaux
- les 3 premiers paléosols sont marqués par des souches d'arbres et datent de l'âge de Bronze
- la 4ème strate date de l'âge de Fer et se compose de fragments d'augets
- les 3 niveaux suivants correspondent à des fonds d'étangs
Enfin, entre 20m et le sommet de la dune : apports de sable plus importants recouverts par une forêt de pins détruite par un incendie au XIIs avant d'être recouverte par des dunes barkanes qui atteignent 80m!
En 1860, la dune atteint 115m, elle tend à rapetisser en hauteur mais gagne en longueur!
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Les racines des pins peuvent descendre jusqu'à 7m, c'est pour cette raison qu'ils ont été choisi aux XVIIIs pour fixer les dunes.
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On redescend après en avoir profité pendant 2h; compter plus si vous voulez parcourir les 3km de la dune!!!
Le Bassin d'Arcachon couvre 25 000ha et 10 communes se le partagent :
Arcachon
Andernos-les-Bains
Audenge
Arès
Gujan-Mestras
Lège-Cap Ferret
La Teste-de-Buch
Lanton
Le Teich
Biganos
Le tour du bassin peut se faire en voiture - environ 60km. De nombreuses pistes cyclables ont été aménagées et il est très facile de louer un vélo pour la journée.
On reprend la route via Arcachon, le Moulleau (très résidentiel) et Gujan-Mestras, réputé pour ses 7 ports ostréïcoles!
Saviez-vous que la saveur des huîtres du Bassin dépend de leur orientation? Partout, vous rencontrerez des propositions de dégustation/vente.
Chacune des 4 zones d’élevage a ses particularités gustatives propres.
Huîtres du Banc d’Arguin : mélange de saveurs marines, de notes sucrées et lactées.
Huîtres de l’Île aux oiseaux : arômes végétaux et minéraux
Huîtres du Cap Ferret : palette d’arômes rappelant à la fois les légumes frais et les agrumes.
Huîtres du Grand Banc : saveurs de fruits blancs et de noisettes grillées…
Dès le IVs, les Romains importaient la fameuse huître plate appelée Gravette (ostrea-edulis) au-delà des Alpes et son engouement s'est renforcé tout au long des XVI-XVII-XVIIIs. Cette espèce sauvage est alors sur-récoltée et sa disparition se profilant, le Parlement décida alors en 1750 de suspendre la pêche durant 3 ans, puis suivit une période de réglementations mais rien n'y fît. La situation s'aggrava jusqu'à ce qu'il soit ordonné la création de concessions. Dès 1852, les hommes domestiquèrent ce coquillage et l'élevèrent dans des parcs à huîtres.
L'Empereur Napoléon III se fît même octroyer une concession! Ces concessions furent alors plutôt des zones de stockage d'huîtres prélevées sur des gisements naturels où l'on espère qu'elle se reproduiront. C'est grâce au naturaliste Costes et au maçon Michelet que le mot "élevage" prendra alors toute sa signification : Costes imagina en 1859 le "collecteur" (constitué à l'époque de tuiles, l'huître jeune s'y fixe bien, s'y développe mais reste difficile à l'en détacher). Jean Michelet inventa alors, en 1865, la technique dite du "chaulage" (il enduit les tuiles avec un mélange de chaux et de sable. Le "détroquage" (la séparation de l'huître de la tuile) se fait ainsi sans problème.
En 1868, le capitaine d'un navire portugais -pris dans une violente tempête- décide de jeter sa cargaison par-dessus bord, des huîtres creuses portugaises (crassostera angulata) qu'il juge avariées en raison du retard pris. Pourtant, certains de ces mollusques avaient survécu et se sont répandus le long du littoral girondin, colonisant en quelques années le Bassin d'Arcachon. En 1920, une maladie décime des parcs de Gravette laissant la place à la Portugaise, aux rendements nettement supérieurs. Mais en 1970, une épizootie fulgurante détruisit en moins de 2 ans les huîtres portugaises. Au bord de la faillite, la filière décida d'importer en masse une variété d'huîtres creuses du Japon, la crassostera gigas. Au bout de plusieurs années d'effort, l'ostréiculture du Bassin fut sauvée. La " Japonaise " est de nos jours la seule huître élevée même s'il reste encore quelques Gravettes qui subsistent à l'état sauvage.
Avec 400 entreprises artisanales employant plus de 1000 personnes, l'élevage et le commerce d'huître constituent l'un des piliers de l'économie d'Arcachon et du Bassin. On recense 550 concessions, représentant une surface de 824 ha de parcs en mer. La production moyenne annuelle tourne autour de 10.000 à 13.000 T (soit 7% de la production nationale, la 1ère d'Europe). En outre, par la qualité de ses eaux et de son climat, le Bassin est le premier producteur national de naissains. Il fournit 50% du naissain utilisé par les autres régions ostréicoles françaises.
Les vrais connaisseurs la dégustent crue et nature mais, autour du Bassin, on la savoure volontiers accompagnée de petites saucisses grillées avec du vin blanc ou rouge.
Nous nous installons à l'hôtel-restaurant La Guerinière. Excellent hôtel 3* (chambre 111 avec grande terrasse à partager avec 3 autres chambres, donnant sur le côté), doté d'une piscine, d'un restaurant étoilé Michelin et d'un service charmant. Le menu du WE à 34 € est un excellent rapport qualité-prix (amuse-bouche, entrée, plat, fromage, dessert et mignardises). Le restaurant est fermé le samedi midi. Adresse ouverte à l'année, design épuré-zen aux couleurs chocolat-vert-feuille et banc-crème, compter 95 à 150€ la nuit, petit-déjeuner continental en sus 9-10€ servi en salle ou en chambre.
Ce soir, nous repartons dîner dans Arcachon, à la pizzeria-brasserie Le Bistrot, nous souhaitions dîner à la pizzeria Jehenne mais c'était complet -mieux vaut réserver! Pizzas généreuses, salades garnies, dessert décevant -crumble du jour pêche-poire fait avec des fruits au sirop!!!Service sans sourire et un peu non-chalant.
06 mai 2009
2ème jour de voyage : Cap-Ferret
Départ après le petit-déjeuner pour Arcachon et en particulier pour la jetée Thiers où nous devons acheter nos billets pour la navette maritime vers le Cap-Ferret. Comme la presqu'île du Cap-Ferret est plate et qu'une cinquantaine de piste cyclable a été aménagée, nous optons pour le forfait bateau-vélo à 23 €. C'est l'UBA (Union des Bateliers Arcachon) qui assure les liaisons maritimes. Il est possible de réserver sur le site internet ou au guichet de la jetée.
Néanmoins, je conseille vivement de réserver et d'acheter vos places sur internet car la queue et le nombre de places limitées peuvent vous faire attendre la navette suivante (fréquence heure). La traversée Arcachon-Cap-Ferret coute 11.5€ Aller-retour, la location de vélo (super qualité, super sympa) chez LOCABEACH coûte 10 € la journée (vélo à rendre à 17h30 au plus tard), malgré les 1.5€ de com, mieux vaut prendre le place car les détenteurs de passe bateau-vélo sont prioritaires pour récupérer les vélos. Pour ne pas perdre de temps à attendre votre vélo... sortez dans les premiers de la navette !!
On a pris la navette de 11h, 30min plus tard, nous accostions au débarcadère du Cap-Ferret et hop en selles! La piste cyclable s'attrape non loin du débarcadère : empruntez l'avenue des lauriers, puis la rue des campings et au bout de cette rue, sur la droite se trouve l'entrée de la piste à travers la pinède!
Nous filons vers le nord car nous avons réservé une table pour le déjeuner à l'Arkéséon, au Canon (6km du débarcadère). Le déjeuner est servi en terrasse ou en sale, la carte propose une cuisine tournée vers la mer (fruits de mer, noix de st Jacques en persillade, pavé de morue à l'aïoli, lotte aux cèpes..., salades, desserts maison...), compter 20€ par personne.
On se promène ensuite dans ce petit port ostréïcole. Le Canon (car on découvrit un canon de marine sur la plage -actuellement devant l'ancienne mairie) est très pittoresque avec ses maisons colorées, ses allées se jetant dans le Bassin... véritable coup de coeur!! Savez-vous que le Cap-Ferret rescense plus de 500 cabanes réparties notamment dans les villages des Jacquets, de Piquey, de Piraillan, du Canon, de l'Herbe et du Cap-Ferret? Les cabanes sont construites en pin, enduit d'huile de vidange comme protection contre les intempéries et le sel d'où l'aspect noirci des cabanes.
On retourne ensuite au Cap-Ferret par la piste cyclable pour notre soin au Spa Côté Sable. Cet hôtel 4* se complète d'un spa Clarins avec balnéo, massages, hammam et douche. Pour notre petit couple d'amoureux, nous avons opté pour : un massage du dos-jambes (30min-45€) pour madame et balnéo (20min-35€) pour monsieur et une moment à deux dans le hammam (20€ durée illimitée). 1h30 pour se détendre après le vélo! Lita aux soins est très sympathique et prévenante.
Après cet interlude et avant de reprendre la navette maritime de 18h, on flâne à vélo dans le sud de la presqu'île du Cap-Ferret. Cette dernière est mi-sauvage mi-résidentielle et permet un dépaysement temporaire très agréable hors saison où les jolies cabanes d'ostréïculteurs et les villas se partagent la façade maritime.
Le littoral Est du Cap-Ferret se découvre à marée basse et laisse les parcs ostréïcoles, les bateaux, les pinasses et les pignotes à découvert. Ici, un coefficient de 60:
Du front de mer on aperçoit la dune du Pyla sur laquelle nous avons grimpé la veille!
Le phare (Oct-Mars Me-Dim 14h-17h/Av-Sept 7j/7 10h-12h30/14h-18h/Juil-Août 7j/7 10h-19h30; 4.5€) de Cap-Ferret fut reconstruit après la Seconde Guerre Mondiale et il va sans dire qu'après avoir monté ses 258 marches, le panorama à 53 mètres de haut est éblouissant!
S'il vous reste du temps, faites un petit tour par la pâtisserie Fredélian, boulevard de la plage, et goutez à ses délicieuses pâtisseries, glaces, canelés, brindilles du bassin (amandes grillées et riz soufflé napé de chocolat -forme proche des roses des sables) et... aux bonbons feuillantine.
Nous rentrons à l'hôtel et dînons sur place.
3ème jour : Arcachon et l'île aux oiseaux
Départ après le petit-déjeuner pour Arcachon, matinée consacrée à une visite pédestre de cette station balnéaire. Telle Aphrodite surgissant des flots, Arcachon fut lancée sous la Restauration grâce à l'engouement des bains de mer, répondant à la mode et aux impératifs médicaux (phtisiques). Les hébergements de l'époque ne sont que quelques cabanes de résiniers en location, il faudra alors attendre août 1823 et l'ouverture du 1er hotel-établissement de bains par le Capitaine François Legallais. En 1841, les Bordelais se rendent à la Teste par la voie ferrée, il fallut attendre 1845 et la construction d'un débarcadère pour qu'Arcachon naisse! 7 ans plus tard, les frères Pereire fondent la Compagnie des Chemins de Fer du Midi et rachètent la ligne reliant Bordeaux à la Teste et décident de la prolonger jusqu'à Arcachon, qui devint un endroit prisé par les cours européennes, les célébrités, les hommes de lettres et artistes français et étrangers... et la scène favorite des architectes. Le 2 Mai 1857, Arcachon est érigée en commune par décret impérial de Napoléon III.
La ville se compose de 4 "villes" :
- la ville d'été : front de mer
- la ville d'automne : port de plaisance et port de pêche
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- la ville de printemps : à l'ouest : résidentiel et sportif -bowling, golf, piscine... autour du parc Pereire et de la source des Abatilles dont l'eau minéralisée est commercialisée.
- la ville d'hiver : surplombant le bassin et descendant en pente douce vers l'Ouest et la ville de printemps. C'est ce quartier qui, inscrit à l’inventaire des monuments historiques depuis 1985, se révèle l'un des plus charmants et paisibles. Nous en parlerons un peu plus bas.
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Nous commençons notre visite par le front de mer offrant d'un côté le bassin avec les débarcadères d'Eyrac et Thiers et de l'autre des immeubles, villas et restaurants sur environ 3km de long.
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Nous empruntons ensuite la rue piétonne Delattre de Tassigny qui conduit à l'ascenseur d'où l'on peut profiter d'un joli panorama sur Arcachon.
Il sert presque de porte d'entrée entre le front de mer et le Parc Mauresque. Il faut prendre le temps de se promener dans ce parc, aux nombreuses essences exotiques et aux espaces verts invitant à la détente. Pourquoi parc mauresque? Tout simplement parce que jusqu'en 1977 y trônait un gigantesque Casino mauresque (représenté par une maquette à côté de l'ascenseur) détruit par un incendie. Nous quittons le parc mauresque en passant par la porte Ouest, joli clin d'oeil à l'Alhambra de Cordoue pour son alternance de briques et ses arcs lobés.
Nous voici dans la célébrissime ville d'hiver, véritable livre d'architecture où la préférée n'est finalement jamais trouvée, chaque ville est originale, incomparable. Afin de rentabiliser leur investissement ferroviaire (Bordeaux-Arcachon), les Frères Péreire achètent 96 ha de terrains forestiers et créent la ville d’Hiver qui prend forme dès le printemps 1862.
Voici quelques illustrations mettant en valeur les détails, les ornementations, les folies de la fin du XIXs.
Villa Brémontier est une des 1ères villas de la Cie des Chemins de Fer du Midi. Erigé en 1863, ce chalet type suisse accueillait les personnes de haut rang. Ses moellons sont assemblés par des joints apparents de couleur rouge. La tour-escalier desservait un salon, une salle à manger, 9 chambres, 6 cabinets de toilette
Villa Graigcrostan : en 1880, Laird Mc Gregor acheta une dune sur laquelle il fit ériger cette villa. On raconte que lors de ses séjours à Arcachon, cet écossais se promenait en voiture à cheval, il retirait un à un les plaids qui le couvraient à des endroits précis où l'attendait un valet. Son style composite mêle le paladien, l'italien, le chalet suisse. A la mort de l'aristocrate, la demeure change fréquemment de propriétaire jusqu'à être vendue en appartements.
A travers le dédale d'allées (Rebsomen, Corrigan, Velpeau, Faust, Moulin-Rouge...), pour ceux qui n'ont pas le vertige, il faut monter à l'Observatoire Ste Cécile. Il faut passer une petit passerelle en fer et bois avant d'effectuer l'ascension de l'Observatoire métallique réalisé par Gustave Eiffel, alors simple assistant! L'étroitesse de l'escalier à vis suspendu est à lui seul un challenge. La vue de la plate-forme est vraiment sans regret! Panorama sur le bassin, les cabanes tchanquées et la ville d'Hiver!

De retour sur la terre ferme, on poursuit notre découverte de la ville d'hiver jusqu'à la Plage Pereire pour un déjeuner au restaurant Cap Pereire, presque sur la plage. Le restaurant sert ses clients en salle et en terrasse, face à l'Océan. Notre table (n°40) était parfaite : bien située sur la terrasse, avec une vitre pour nous protéger du vent d'Ouest! Mieux vaut réserver car l'endroit est très très prisé!! (Si vous avez des impératifs d'horaire - je vous conseille de prévenir votre serveur en début de repas, sinon, vous y passerez facilement 2h). Cuisine soignée : salades de légumes croquants, médaillon de lotte et risotto de morilles, pavé de turbot à la plancha, daurade grillée à l'ail confit, entrecôte grillée, magret...gazpacho de fruits... Compter 25€/pers. Bar cocktail-tapas aussi!
Après notre déjeuner, nous traversons la ville de printemps pour rejoindre le front de mer et surtout le débarcadère de la jetée Thiers où nous attend le bateau pour un tour de l'île aux oiseaux. Réservez bien vos places (50pers) soit sur internet soit au guichet mais attention à la queue!!
La balade dure 1h45/2h et est ponctuée de commentaires enrichissant par le pilote. Véritable bon moment. Mieux vaut monter dans les premiers et s'installer au fond du bateau pour pouvoir faire des photos sans être gêné par les autres touristes. Il est possible de descendre au Cap-Ferret. On apprend donc que la passe large ouvrant entre le bassin et l'océan mesure 3km et est dangereux, c'est l'endroit le plus redouté par les pêcheurs. Le bassin couvre 25 000ha dont 20 100 sont découverts à marée basse.
On croise quelques pinasses dont le nom dérive de "pin", bois dans lequel elles étaient construites, aujourd'hui en iroko, acacia ou acajou. Sa particularité tient au fait qu'elle a le fond plat avec un faible tirant d'eau ce qui lui permet de s'échouer facilement.
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Tiens, un autre terme dérivé de 'pin' : pignotte. Il s'agit de ces bâtons délimittant les parcs ostréïcoles.
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Les Cabanes tchanquées (sur pilotis, vient du gascon "échasse").
Ces 2 cabanes ne pourraient être plus qu'une!!! En effet depuis septembre 2000, la cabane blanche "dite n° 53", menaçait de s'effondrer. Elle fut donc déconstruite (2 mois) et reconstruite à l'identique de celle de 1883. Tout le matériel et la main d'oeuvre étaient transportés à marée haute et le travail n'était réalisé qu'à marée basse! Reconstruite en azobé et en chêne, la cabane a couté 600 000€, financée à moitié par la ville de la Teste-de-Buch et par des fonds régional et départemental, Fondation du Crédit Agricole, Fondation du patrimoine... et inaugurée le 25 février 2008! Elle n'est pas habité mais devrait recevoir des expos, réunions...
L'île aux oiseaux est entourée de parcs à huîtres et les oiseaux semblent avoir désertés le site. Il faut tout de même souligner la présence annuelle des avocettes, 40cm avec un long bec retroussé vers le haut et un plumage blanc dont le bout des ailes noir rappelle le noir de l'arrière de sa tête.
Articles du Sud-ouest
Voici un index des articles postés dans "France, sud-ouest" :
CHARENTE MARITIME:
Chatelaillon-Plage, Fouras, les huîtres charentaises, hôtel Rocafortis
Rochefort, le Belem, spécialités charentaises, restaurant Cap Nell
GIRONDE:
Cap-Ferret, restaurant Arkéséon, hôtel-restaurant-spa Coté Sable, le Canon
Arcachon : villas et front de mer, restaurant Cap Pereire, île aux oiseaux, cabanes tchanquées
GERS :
HAUTES PYRENEES:
LOT & GARONNE :
DORDOGNE
18 mai 2008
Le Pic du Midi
A 2h30 en voiture de Biarritz, se trouve l'observatoire du Pic du Midi, situé au sud de Bagnères de Bigorre, dans le département des Hautes Pyrénées. La route est facile jusqu'à Tarbes (A64), ensuite c'est une jolie route tranquille qui offre un paysage montagneux, verdoyant avec une alternance de conifères et de hêtres,
aux maisons de toit d'ardoise ou de lauze (en fonction de l'épaisseur) dont la façade fait étrangement penser aux maisons des ports hanséatiques avec les rebords en gradins. Je m'explique, il s'agit d'un pignon dont les rebords ressemblent à des marches.
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Une autre curiosité est le clocher de l'église de Beaudean, datant du XIVs, en effet, ce clocher-donjon en éteignoir est garni de 4 clochetons en encorbellement, typique de l'art roman pyrénéen.
On arrive ensuite au domaine skiable du Tourmalet, dont la station de ski Barèges-La Mongie (1800m) offre des possibilités de ski alpin, freestyle, VTT. c'est une station à clientèle plutôt familiale, créée en 1969, et située au pied des pistes tout comme les différents hébergements. Saviez-vous que le 1er téléski fut construit en 1945 et avait un dénivelé de 216m? L'observatoire du Pic du Midi n'était jusqu'à cette date accessible qu'à ski ou à pied, il fut donc décidé que les skieurs pourrait y accéder à partir du Taoulet par un téléphérique dont le chantier dura de 1945-53.
L'HISTOIRE DU PIC DU MIDI (2876m)
En 1741, François de la Plantade observe une éclipse de soleil en contrebas du pic du Midi, au col de Sencours et décrit pour la 1ère fois la couronne solaire. Pendant le XVIIIs, de nombreux scientifiques cherchent à déterminer son altitude exacte et l'utilisent comme site d'observation. Ce seront Gaspars Monge et Jean Darcet qui dès 1774 envisagent l'installation d'un observatoire. En 1871, le général Nansouty et le scientifique Vaussenat récoltent suffisamment de fonds et créent l'observatoire météorologique à Sencours mais les conditions climatiques menacent le site. Le 22 juin 1875, 75cm de neige recouvre les instruments, puis 2 jours plus tard, la pluie s'abat et la couche neigeuse fond, Nansouty envoie alors un message d'alerte à la vallée qui ne dépassa pas Tarbes. L'Adour, les gaves et la Garonne en crue quittent leur lit et tout le Sud-Ouest est inondé. L'utilité d'un observatoire météo est alors justifié et les fonds récoltés permettent la construction de l'Observatoire de 1878-1882. L'Etat devient alors propriétaire grâce à Paul Bert et Jules Ferry, en effet, le déficit du site entraîna la société Ramon au bord de la faillite! Les conditions de vie sont très difficiles et les problèmes financiers menacent la pérennité du site. C'est ici que fut découvert l'hypéron, 1ère particule plus lourde que le proton. Dès 1963, l'Observatoire, doté d'un télescope de 106cm collabore avec la NASA dans la préparation des missions APOLLO
Au 1er plan, dans l'angle gauche, on entrevoit le sommet de la coupole où se trouve le télescope de 60cm que les amateurs d'astronomie peuvent utiliser. Ensuite, la coupole la plus grosse, est la 1ère coupole construite et est celle de Baillaud, datant de 1908. Sur la façade du bâtiment, de chaque côté de la porte, les statues de buste représentent Nansouty et Vincenat.
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L'installation de l'antenne TV-Radio date de 1957, 5 ans plus tard, le bâtiment TDF est construit.
La coupole du coronographe en 1930 est inventé le coronographe, instrument qui permet d'observer la couronne solaire en dehors des éclipses.
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Dès 1996 commencent les travaux de conformité et d'ouverture au public tout en maintenant une activité scientifique, pendant 4 ans. C'est également depuis 2000 que l'Observatoire est relié à la Mongie! Le téléphérique actuel relie en 15 min la station de La Mongie au Pic du Midi avec un changement de téléphérique à mi-chemin, au Taoulet (compter 30€/pers, 7j/7, toutes les 15min, possibilité de soirées, nuitées...) La visite dure 2h, il y a un bar, un restaurant et une boutique. Il n'est pas rare que le temps soit couvert en bas et dégagé au Pic! Pensez à bien vous vêtir car il fait froid, on est tout de même à 2877m!!!!!
Panorama sur les Pyrénées à couper le souffle!
28 avril 2008
Château de Monbazillac
A 10km au sud de Bergerac, Monbazillac est à la fois, un vignoble, un château et une commune. Le vignoble, couvrant 3000ha, est planté de 3 cépages (sémillon, sauvignon et muscadelle) de produit des vins liquoreux. Les grains sont cueillis en octobre-novembre, cette vendange tardive est le résultat d'un champignon portant le nom scientifique de "botrytis cinerea" qui augmente le sucre et les arômes. La couleur dorée est dûe à cette surmaturation. Le vignoble était cultivé dès le XIs par les moines, possesseurs de la côte de Monbazillac et inventeur du procédé de vinification.
Situé sur une colline, le château de Monbazillac (fermé en janvier; nov-mars M-D 10h-12h/14h-17h, 7j/7 avril (10h-12h/14h-18h), mai/oct (10h-12h30/14h-18h), juin/sept (10h-19h), juillet/août (10h-19h30), 6€) ouvre ses portes en visite libre (compter 1h), ses jardins et sa boutique et dégustation. Le château fut édifié vers 1550 par la famille d'AYDIE, ancien fief protestant alliant le style défensif moyenageux (tours, créneaux, meutrières, fossés...) au style Renaissance (larges ouvertures, fenêtres à meneaux, distribution des pièces...). Il était à l'origine habité par les châtelains de Bergerac et fût acquis par la Cave de Monbazillac en 1960 avec 22ha de vignobles.
Au sous-sol, vous découvrirez une cave voutée exposant la culture de la vigne, le botrytis cinerea et l'ancienne cuisine, au rez-de-chaussée : la salle protestante, celle des étieurs du bergeracois, 2 salons, puis à l'étage : la salle consacrée au dramaturge Mounet-Sully, une autre dédiée au caricaturiste SEM et 2 autres pièces meublées.
A la fin de la visite, on peut se promener dans le parc de 5ha, boisé avant de passer par la boutique et la dégustation. Compter 16€ pour une bouteille de Château Monbazillac, le vin est sucré dont la couleur peut ressembler à la chair d'abricot, parfait avec un foie gras d'oie, du Roquefort ou un dessert chocolaté ou fruité.
27 avril 2008
Bergerac
Vraiment, nous n'avons pas eu de chance pour notre visite de Bergerac, le temps a été pluvieux mais il n'a pas réussi à nous faire faire demi-tour. Gros coup de coeur pour Bergerac. La partie historique est charmante. Nous nous sommes garés dans le parking souterrain de la place de la République (attention si vous dépassez de 2 min, l'heure vous sera facturée!). Bergerac compte 27 000 habitants, l'origine du nom est supposée dériver de Bracarius, riche propriétaire romain, de Berg-akra,berge élevée en celte et enfin de Brageira,bergerie...
La ville sera occupée par les Anglais de 1155 à 1224, de 1224 à 1235 et de 1345 à 1450, c'est d'ailleurs pendant cette dernière période que la ville sera dotée d'une enceinte. En 1553, les Bergeracois embrassèrent la réforme et en 1570, la ville fut assignée comme ville de sûreté pour les protestants. Henri de Navarre et Henri III s'y rencontrent en 1577; les fortifications seront détruites par Richelieu qui persécutera les Protestants. Ces derniers seront contraints d'émigrer en Angleterre et aux Pays Bas.
Comme on est mercredi, c'est jour de marché, on se dirige donc au marché par la Rue de la Résistance (très commerçante) et on arrive à la place de l'église Notre Dame où se déroule le marché : principalement des primeurs. L'église Notre Dame fut édifiée entre 1856-67, de style néo-gothique dont le clocher atteint 80m, à l'emplacement de l'ancienne église Ste Catherine.
Sur le côté de l'église, la pâtisserie-chocolaterie François, rue Ste Catherine, confectionne de délicieuses spécialités,
comme ces bouchons au Montbazillac,
ces noix chocolatées du Périgord (noix roulées dans du cacao),
ou ces galets de la Dordogne (amande caramélisée enrobée de chocolat), petits souvenirs locaux.
On traverse ensuite la place de Lattre de Tassigny pour rejoindre la Grand'Rue, plaisante rue piétonne qui est une fraction de l'ancienne Rue Royale avec de très belles maisons à colombages.
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On remarque bien l'ossature de bois constituée de sablières hautes et basses, de poteaux, de décharges et de tournisses, ainsi que le hourdage fait de briques. Saviez-vous que le mot colombage est issu de "colombe", en effet, ces oiseaux se posent sur la petite avancée en tuiles? Ce type de décoration est typique de l'époque médiévale.
Belle maison à encorbellement, dérivé de corbeau. Ce système de construction apparaît dès le XIVs et était assez simple puisque le poteau du RDC s'évasait vers le haut et la 1ère sablière du 1er étage était posée dessus. Avec le temps, l'assemblage va s'intensifier pour renforcer la bâtisse avec 2 sablières. L'encorbellement permettait d'agrandir les pièces et évitait que l'eau ne coule sur la façade; mais ce système réduisait la largeur des ruelles.
Voici une très vieille maison à pignon. Il s'agit de la partie supérieur en forme de triangle d'où partent les pans de toiture. Ce mur s'appelle mur pignon.
On arrive à la place du marché couvert, en fer datant de la fin du XIXs, il est assez décevant car il ne devait pas y avoir plus de 10 commerçants : un poissonnier, 2/3 charcutiers-traiteurs et autant de primeurs, un fromager.
A l'angle de la place, on remarque cette curieuse échauguette, elle rappelle le passage de Charles IX et de Catherine de Médicis le 08 août 1565 qui logèrent dans la maison mitoyenne; 12 ans plus tard, Henri IV y logea lors des Conférences de Paix de Bergerac.
On continue à descendre et on arrive à l'église St Jacques (ouvert l'après-midi). Autrefois, les Bénédictins avaient fondés une chapelle au XIIs qu'ils nommèrent St Jacques car Bergerac était une étapes sur le chemin de Compostelle. Agrandie au XIIIs puis détruite et enfin réédifiée au XVIIs et restaurée en 1860, remarquez son clocher mur et arcade en ardoise
En contre-bas de l'église, la pittoresque Place Pélissière tire son nom des marchands de peau (Pélissiers) et c'est ici que trône la Statue de Cyrano de Bergerac, inaugurée en juillet 2005 et réalisée par Mauro Corda est le héros épique d'Edmond Rostand. L'auteur s'était inspiré en 1897 de Savinien de Cyrano , cadet au régiment des Gardes puis....homme de lettres du XVIIs. La ville a su l'adopter...
La fontaine était autrefois utilisée comme lavoir. et un peu plus bas, au petit salon de thé "côté Noix", vous pourrez voir le dernier des 7 moulins du XIIIs.
On descend toujours et on arrive sur le quai Salvette, aménagé en 1838, le port accueillait un trafic de plus de 15000 T, avec un mouvement de 1500 bateaux/an. Au XIXs, vins bergeracois, bois merrains, huile de noix, châtaigne, forges, tuiles, poteries... étaient exportés vers Libourne, on importait des bois exotiques, houille, métaux, sel, sucre, huile d'olive, poissons salés...
On peut voir que fin avril 2008, la Dordogne semble déborder...les gabares (avril-oct) sont sûrement au garage! Dommage!
Face à la Dordogne, la Maison des Vins de Bergerac propose à la vente, des vins bergeracois (rouges, blancs, moelleux) provenant des 9 AOC sur 13000 ha: Pécharmant, Monbazillac, Bergerac, Côtes de Bergerac, Montravel, Haut Montravel, Côtes de Montravel, saussignac et Rosette; ensuite il y a la salle sensorielle où l'on peut sentir les différents parfums du vin (chèvrefeuille, cassis, vanille, bouchon...), puis le caveau sous une voûte de pierre se divise en 2 parties : 1) un film vous présentera la vigne de Bergerac et 2) la grande table où le Consulat de la Vinée se réunit pour les cérémonies d'intronisation. La Maison jouxte le Cloître des Récollets, construit en 1630 et mérite un petit tour pour son magnifique paulownia.
On remonte ensuite tranquillement jusqu'au parking en passant par la Rue du Port, la rue du Pont qui mène au musée du tabac, installé dans la Maison Peyrarède de 1604 en pierre de taille et avec des fenêtres à meneaux. Louis XII y dormit en 1621, à cette époque, le RDC comprenait des boutiques de drapiers et des écuries.
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La vieille ville et ses maisons médiévales, que de maisons...!!!
Pour la visite de la ville, compter 2h par temps de pluie et 2h30-3h par beau temps.
Bonne adresse de restaurant italien : La SCALA, face à la place Pélissière - 05 53 22 72 10 - Salades, pâtes et copieuses tartines tomates-mozza etc, pizzas. 1 salle et 1 petite terrasse.
A 12km au nord de Bergerac, l'hôtel "Manoir du Grand Vignoble" est une demeure du XVIIs dans un domaine de 43ha, bâtie sur les ruines d'une ancienne bastide anglaise, proposant des stages d'équitation (chevaux et poneys), court de tennis, piscine chauffée extérieure, location de vélo et salle de remise en forme. Le restaurant propose une carte et des menus régionaux (esturgeon sauce Pécharmant, foie gras poêlé, salade gourmande -gésiers, magrets et terrine de foie gras-, cuisse de canard confite...) et le petit-déjeuner buffet est varié et servi dans un joli salon.
Noter que les chambres sont réparties sur 3 bâtiments : 2 annexes au mobilier de style "ibis, campanile" + le manoir aux chambres plus anciennes avec lits à baldaquins. les chambres sont propres, salle de bain spacieuses et le tout dans un cadre très très paisible. Attention, il y a un lac, penser aux prises à moustiques...
26 avril 2008
Château de Busca-Maniban
Nous sommes allés visiter le Château de Busca-Maniban mais nous n'avons pas été gâtés par le temps : petite pluie fine, cependant, le site est très paisible et surtout, le château est très bien signalisé! Le château (6€, avril-oct L-S 14h-18h) a été construit en 1649 à l'emplacement d'un ancien château fort, il tire son nom de "busca" -bosquet- en vieux gascon et de "maniban", nom du premier propriétaire, magistrat.
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La porte "chapeau de gendarme" ouvre sur la cour d'honneur. L'ensemble des bâtiments est harmonieux, la propriété est restée dans la même famille, ce qui explique l'harmonie et la continuité du style classique.
L'originalité du bâtiment central réside dans la façade en trompe l'oeil puisque les fenêtres de l'étage supérieur sont des éléments de décoration car l'intérieur est d'un seul volume.
La visite est guidée et assez décevante : on visite d'abord le hall d'entrée (monumental) puis la salle à l'italienne de l'étage, ensuite on redescend, on emprunte le couloir pavé (surnommé le passage) qui mène à l'ancienne cuisine puis on passe à la dégustation d'armagnac avant de terminer par la chapelle. C'est dommage car la guide n'est pas assez "guidante", le ton est un peu trop mou et on ne sait pas quand l'étude de la pièce est terminée, où on doit aller ensuite, les infos sur le mobilier... sont données au compte-goutte. La dégustation est simple mais l'armagnac ténarèze proposé est bien caractéristique et change des bas-armagnacs plus fréquents. A 4 km d'ici, il y a un autre château, celui de Cassaigne (lire mon commentaire)q ui est bien mieux pour la visite et l'initiation à l'armagnac! En revanche, les Armagnacs Ténarèze du château de Cassaigne manquent de finesse et de saveurs en comparaison à celui du Busca Maniban...







































































































































